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URSUA " " Un vol - Au dessus de la 13 "! " Bénat…Envoie les pigeons!" - "Ils
sont déjà partis ! ". Ils volent haut, en groupe, impeccable ! Ils tournent
autour du bois en vol régulier, doux, juste comme il faut. Avec leur maquillage
fait par Albert, ils ressemblent vraiment à des palombes. Les dialoguent se
poursuivent, pendant que chacun active et fait travailler ses appeaux. - "
Oui…Il y en a qui ont vu…Appelez encore…appelez fort ! " - Chacun s'exécute. Le
vol d'une cinquantaine d'oiseaux était assez haut. Au premier tour des volants,
il a bougé. Quelques palombes se sont croisées et ont commencé à couper leur
effort de vol. Elles se sont un petit peu dispersées, détachées et commencent à
planer. Des cailloux semblent se détacher du vol. En fait, il y en a qui
arrivent, en chute libre….à une vitesse vertigineuse. On entend divers
commentaires : -" Plomb - Plomb ! " - Attention - tout vient ! " - "Laisse poser
les pigeons Bénat !" - "Appelez encore !" - " Dix mètres, dix mètres !"
Cela
veut dire qu'il y a des palombes qui sont très près des appeaux. Les appelants
les plus hauts ont été lâchés. Maintenant, ce sont les appeaux de pose qui
fonctionnent. Des bruits d'ailes se font entendre. Une palombe vient de passer
comme une bombe à quelques centimètres de la cabane, dans un sifflement d'ailes
bien particulier. Elle est suivie d'une autre et encore d'une autre. Finalement,
il y en a partout en haut des chênes. Un arbre est bleu sur ses cimes. Les
chasseurs parlent à voix basse. Tout le monde est en joue, chacun a au moins une
palombe dans sa ligne de mire et attend le commandement. " Commande Bénat ! "
demande Jeannot… " Vous y êtes? " - OUI! - UN ! En fait, on n'a entendu
qu'une seule détonation. Tout le monde a tiré. Des bruits de "plouf" se sont
fait entendre par terre. Chacun commente où il a tiré. - " Je crois que j'en ai
trois " dit Bénat. " Elles se touchaient ". - " Moi normalement une, peut être
deux " ! Jeannot est déjà parti ramasser. Il remonte avec six palombes et les
range rapidement dans un sac en jute épaisse car il faut faire attention aux
mouches. Il n'a pas traîné en bas. Il sait que si elles ne sont pas raides au
pied du chêne ou à proximité immédiate, vu les pentes raides qui entourent le
bois, il aura du mal à les retrouver. En plus, avec la chance qu'il a, pendant
qu'il est bas, il risque d'arriver un autre vol et que d'en bas, il ne pourra
rien faire sauf se cacher et regarder….C'est joli aussi vu d'en bas, mais d'en
haut c'est mieux… Il est remonté juste à temps, François a vu un vol au loin.
Les fenêtres se sont fermées rapidement, les pigeons tournent déjà. Chacun
manipule ses appeaux. C'est beau ! Chaque palombe monte majestueusement sur sa
raquette en battant des ailes, en alternance avec un autre appelant. Chacun tire
méticuleusement mais fort ses ficelles d'appeaux. Le vol est maintenant à droite
de la cabane, haut, au dessus de la prairie. Les pigeons volent toujours. Il y a
maintenant deux minutes qu'ils tournent. Ils sont au dessous du vol. Les trois
appelants les mieux placés ne sont pas à la fête. Ils montent puis descendent
rapidement, battant régulièrement des ailes ; Le vol n'a toujours pas fait le
moindre signe pour vouloir venir ; Il semble maintenant s'éloigner. Jeannot
demande à Beñat de tenir encore les pigeons. Ces derniers tournent encore au
dessus de la prairie. Tout à coup, l'arrière du vol se croise. Il y en a qui
arrivent. Elles sont encore loin. Il faut encore appeler fort. Léon se manifeste
: " Ca vient, ça vient ; tout vient ". Tout le monde continue encore à appeler.
Il y en a peut-être cent cinquante. Ce n'est pas le moment qu'elles repartent ou
se laissent glisser au fond du ravin. Tout le paquet a fait demi-tour. Elles
sont maintenant à une cinquantaine de mètres. Elles arrivent en planant,
majestueuses. Bénat dit alors " Dix mètres, dix mètres ! ". Les appelants
sont lâchés. Les appeaux de pose, disposés un peu plus bas que les appelants, se
mettent alors en marche. Les chênes de l'arrière de la cabane commencent à
bleuir ; des grappes de palombes envahissent les bouquets de feuilles. Il s'en
pose partout, dans un vacarme de feuilles froissées et de branches qui se
heurtent. François et Jeannot ont compris qu'il ne fallait plus insister avec les
appeaux du devant. Ils se retournent, se mettent en joue et attendent le
commandement. Bénat et Léon sont prêts depuis quelques secondes. Du coin de
l'œil, Bénat a vu que tout le monde était prêt. Il commande le " Un " d'un son
sec ! Des plumes s'échappent du sommet des arbres. Dans un bruit de claquements
d'ailes, celles qui n'ont pas été touchées repartent. Il y en a un peu dans tous
les sens. Il en passe plusieurs à quelques mètres de la cabane. Elles semblent
un peu perdues. Finalement, elles rejoignent le plus gros du vol qui a déjà
repris de la vitesse et de l'altitude, bien regroupées. Elles continuent leur
migration vers le sud, après être tombées dans le piège tendu. Dans la cabane,
tout le monde a tiré. Des sourires éclairent les visages. Le spectacle était
magnifique. Albert est vite descendu ramasser. Arrivé en bas, il achève une
blessée. Il glisse les cous des palombes entre ses doigts. Ses deux mains sont
pleines. Vite, il se dépêche de remonter là haut. On ne sait jamais, il peut en
arriver d'autres. La matinée s'achève. Il est bientôt midi et il commence
maintenant à faire chaud. C'est l'heure de l'apéro. Albert s'inquiète : " Qu'est
ce qu'on mange à midi ? " Tout en faisant un clin d'œil à Bénat, Jeannot lance :
" Ah ces vieux, les gourmands, ils ne pensent qu'à la bouffe ! ". Albert
ronchonne pour la forme. Léon pensif regarde encore où il a tiré la dernière
fois. François toujours calme fume sa cigarette en attendant le repas. Il doit revoir le ralenti…Il faut dire qu'il est un peu poète.
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