Saison 2010

 Résumé de la saison 2010 d’Ursuak

          Il est des années où l’on se dit, comme en 2009, que l’on ne peut connaître pire saison.

Qu’il s’agisse de conditions météo ou de la migration de palombes, rien ne laissait présager que 2010 pourrait être une autre saison, à marquer d’une pierre noire !

 Les travaux d’avant saison ont commencé gentiment au début du mois de juillet. La taille et la remise en état de certaines installations ne semblaient pas être un grand chantier. Notre ami Fred était une fois de plus sollicité, pour un coup de main devenant maintenant impératif.

Mi septembre, tout était bouclé. Il ne restait plus que quelques finitions pour être prêts début octobre. La glandée exceptionnelle nous promettait, c’est certain…de voir de la palombe s’arrêter chez nous. C’était sans compter sur des conditions météorologiques qui allaient une fois de plus, diriger  cette saison migratoire.

Une première tempête, le 4 octobre, mettait déjà pas mal de glands au tapis mais aussi, emportait avec elle quelques grosses branches. Certaines installations, elles-mêmes remises en état pendant l’été en faisaient les frais. De bon augure pour la suite…

Après quelques réparations temporaires, nous pouvions commencer notre campagne de chasse le 5 octobre. Les premiers jours ne nous amenaient que quelques groupes de pigeons colombins, parfois assez réceptifs envers nos appelants. Le samedi 9, l’effectif de l’équipe s’est un peu gonflé dans la cabane ; ça tombe bien puisque les «rouquets » sont de la partie.

Le dimanche est déjà pluvieux et le lundi se passe dans le brouillard. Derrière nous, les montagnes sont bouchées. Les vents sont souvent de secteur Ouest. Rien qui n’incite donc les palombes à migrer. Seuls nos petits pigeons colombins nous occupent parfois. Il nous faut attendre le 15 octobre pour apercevoir et faire poser les premières palombes ; Fini la rouquetière !  

Le beau temps n’est toujours pas de la partie mais lorsque les vents sont un peu au nord, nous apercevons quelques mouvements encourageants. Le premier petit passage, avec seulement 9 vols à portée,  est pour le dimanche 17 octobre, malgré un temps nuageux. Le lendemain un petit passage se poursuite par vent de nord –est mais pas souvent pour nous.
Les jours se suivent avec toujours un passage mais décalé plus à l’Est des axes habituels. On se console en se disant que d’autres en voient encore moins que nous. Le mercredi 20 octobre, la pluie est de la partie… Le lendemain 21.10 s’avère la première belle journée de la saison avec un beau passage mais encore pas trop à portée. Néanmoins, on fait chasse avec le peu qui déborde sur nous.

Le lendemain 22, le passage se fait encore plus à l’Est. Un peu de recul nous permet de garder le moral, même si elles ne tiennent pas longtemps à la pose. Le samedi 23, ça « déboule » encore plus à l’Est.  On les regarde passer au loin. Le dimanche 24, la pluie s’est remise de la partie. Avec les forts vents de S.O., on démonte de bonne heure. C’est une seconde tempête qui nous frappe en moins d’un mois. Il nous faut attendre le mardi 26 pour voir encore et toujours des palombes mais toujours à l’Est de notre position.
On arrive quand même à travailler 13 vols dans la journée. Heureusement qu’un mouvement de recul en amène un peu pour nous. Une heure et demie pendant laquelle, elles veulent se poser. Pour la première fois de la saison, on en prend plein les yeux ! Le lendemain, mercredi 27, le temps et les vents (E / SE) sont pour nous.

Même si le couloir « Est » est mieux fourni, on en touche quelques-unes. A partir de 9h30, elles sont attentives à nos appelants et, en début d’après-midi, le peu de recul à porté est souvent entièrement « ramassé ». Emotions ! Ce sera notre plus belle journée de la saison.

Le jeudi 28 et vendredi 29, on fera encore quelques extras sur quelques vols passant d’E/O, même si nos installations ne sont pas équipées pour poser les vols passant en ce sens.

Les jours suivants nous permettent parfois quelques prélèvements mais le temps est de nouveau à la grisaille et à la pluie. Quelques palombes circulent mais, ce ne sont pas les vents de secteur Ouest qui font passer les palombes. On en profite pour réparer ou tenter de réparer quelques dégâts consécutifs aux coups de vents ou à la pluie, y compris le 02 novembre, jour ou un contrôle zélé est effectué par la «garderie locale».

Mais, revenons à nos palombes dont un petit mouvement en passage est observé le 4 novembre, sous un ciel nuageux et un vent de Sud faible. Pas grand-chose pour nous mais on s’en contente. Il nous faut par la suite attendre le samedi 13 novembre pour que le temps se remette au beau et avec ces conditions, la migration a repris. Passage assez conséquent le matin, par gros vols de plus de 300 palombes et du recul jusqu’en fin d’après-midi.

On est enfin récompensés après des jours et des jours de pluie et de vent de S.O. Le dimanche 14, le vent de Sud est fort et seuls quelques groupes de recul nous occupent pendant la matinée. Encore une fois « on démonte » de bonne heure vu la météo. Ces mauvaises conditions persistent jusqu’au 23 novembre, jour ou six vols en migration sont vus et travaillés. Pluie et vent de sud ouest jusqu’au 29 novembre s’en suivent. Le 29, le temps s’améliore pour la journée et quelques gros vols défilent mais souvent plus à l’Est.

Une grosse pose vient quand même nous récompenser. Le 30 novembre, tout passe encore à l’Est ; Il s’agit de gros vols et ces derniers ne feront pas demi-tour. Finalement, la cabane sera tenue cette année, jusqu’au 3 décembre. Pas de miracle à signaler sauf quelques gros vols de temps en temps mais, le plus souvent, hors de notre couloir de migration. Après quelques hésitations, on se résigne à tout démonter.

Nos appelants ont bien mérité le retour dans leurs volières. Notre saison de chasse s’achève, encore une fois, avec un goût d’inachevé, sachant qu’il reste encore beaucoup de migratrices à voir passer mais, il faut bien savoir se résigner. Les organismes mis à l’épreuve depuis le début octobre ont besoin de repos.

Même s’il passera beaucoup de palombes les 11 et 12 décembre, nous les regarderons passer du haut de nos collines, leur souhaitant bon vent et un bon hivernage chez nos voisins hispaniques.

 

La saison passée restera pour nous, comme beaucoup d’autres chasseurs du secteur, comme une saison mitigée avec parfois un goût amer pour certains. Même si de bons résultats sont au bout, avec un très bon pourcentage de poses, il faut reconnaître que les conditions météorologiques nous aurons été, une fois de plus, très défavorables, avec son mois de novembre pluvieux et venteux arrêtant toute migration.

Les grandes migratrices se seront une fois de plus, attardées puis finalement sédentarisées en très grand nombre dans les grandes plaines de la haute Lande, Sud Gironde et Sud Lot et Garonne, pour sûrement le plus grand bonheur des locaux mais aussi, pour le plus grand désespoir de ceux qui, comme nous, se situent plus au sud.

Souhaitons que cet épisode migratoire incitera les dirigeants cynégétiques à réfléchir sur le bien fondé de leurs réserves supplémentaires à maïs, « pièges à palombes » (comme les a nommés un Paloumayre reconnu par ses écrits) ;  Etat de fait provoquant à notre avis, une intervention de l’homme sur le comportement actuel mais surtout, sur le comportement futur des palombes dénommées antérieurement: « Grandes migratrices ».

Va-t-on vers la fin de nos chasses traditionnelles en période migratoire ? On peut à l’heure actuelle se poser légitimement la question. Si la dérive continue de la sorte, nous ne chasserons bientôt plus que des palombes migratrices devenant des hivernantes du sud-ouest. L’avenir nous le dira assez rapidement je le pense. Certains chasseurs auront, si c’est la cas, déjà déposé leurs armes depuis longtemps.

 

Ikus arte.

Jean-Noël