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Résumé de la saison 2009 d’Ursuak
Chaque saison de chasse est unique et même les notes ou
observations des années passées ne se rapprochent aucunement de cette saison de
migration 2009. Elle restera pour beaucoup de chasseurs et pour notre équipe,
comme une année bizarre avec une migration hachée. La faute à qui ou à
quoi ?
- A la tempête Klaus de l’année passée qui a détruit en
grande partie les Landes de Gascogne ?
- Aux cultures de maïs récoltées précocement ? - Aux mauvaises conditions météorologiques ? - A l’accumulation de ces trois facteurs
sûrement ! - Mais, qui peut être certain de détenir la vérité ? -
Dans tous les cas, elle a pour nous tous…un goût
d’inachevé !
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La saison commence très doucement le 5 octobre 2009 pour notre
équipe ; les palombes ne sont pas encore au rendez-vous. Rien ne bouge
jusqu’au 9 octobre où le premier vol est aperçu et posé. Comme ont dit chez
nous « le chat est maigre » en ce début de saison.
En attendant, on en profite pour fignoler les derniers
réglages. Heureusement que les cèpes eux poussent dans le secteur ; ça
occupe un peu pendant le peaufinage du dressage des volants.
Le 12 octobre nous donne un peu d’espoir malgré le
brouillard suivi de la pluie. Quelques vols sont aperçus l’après-midi. Le peu
de vols vus répond bien aux appelants. Le lendemain 13 octobre, il fait beau et
frais; ça bouge un peu avec 8 vols
aperçus dont principalement des pigeons colombins. La matinée nous est gâchée
par un hélicoptère de la base de Dax. Deux appelants blessés suite au surplace
au-dessus notre cabane de ses pilotes irrespectueux.
Nous déclarons l’hélicoptère, nouvelle espère chassable
après appel à la FDC 64. Passent également ce jour là, pas mal de grues,
grives, trides et autres passereaux.
Le beau temps frais persiste les deux jours suivants.
Quelques jolis vols de palombes sont observés mais trop souvent plus à l’Est;
Les vols travaillés répondent assez bien pour venir à la pose. La journée du 16
seuls trois vols de « rouquets » sont travaillés ; le passage se
fait toujours plus à l’Est de la chaîne des Pyrénées…
Le 17 octobre est pour nous la première journée où l’on a
vraiment des palombes à portée avec 15 vols travaillés mais les résultats
escomptés sont décevants. Le lendemain, jour de St Luc, seuls 7 vols passent à
notre portée; Quelques prises viennent nous récompenser. Le lundi 19 octobre,
se déclenche le premier beau déballage de la saison par beau temps avec vent de
secteur N/NE. Les vols sont très hauts et peu sensibles à tout notre attirail.
On se fait enfin plaisir en fin d’après-midi sur quelques vols en recul mais
elles sont vraiment difficiles à la pose qu’elles ne tiennent pas longtemps.
Le mardi 20, notre « chat noir du 33 » est arrivé
pour quelques jours. Avec lui, un vent de sud féroce. Très peu de choses sont vues ;
Pour la première fois, on démonte de bonne heure. Ce vent devenait
insupportable pour nos appelants mais, pour nous aussi ! Le mauvais temps
avec des vents de secteur Ouest/SO persiste jusqu’au dimanche 25 octobre, c’est
à dire jusqu’au départ de notre tonton « chat noir ».
Le lundi 26, le brouillard épais est de la partie pour nous,
et ne se lève qu’après midi. Un beau défilé de vols passe sur notre droite. Quelques
vols touchables se laissent séduire mais, les tireurs au vol plus les vautours
qui nous encerclent n’arrangent pas nos affaires. Le désespoir commence à nous
gagner tant on s’estime maudits par les éléments.
Le 27 mardi octobre, sans que l’on s’y attende vraiment,
sera pour nous LA journée de la décennie. Il y a des jours où... tout ou
presque réussit, sans que l’on puisse y apporter une explication !
Les vols en passage
se succèdent de la pointe du jour jusqu'à 14h00, dans un flot continu et
quelques-unes lâchent de temps en temps, malgré une hauteur phénoménale. Cela
n’empêche pas les ferrailleurs de vider leur automatique à chaque vol les
survolant…
Il est sûr que, pour
les atteindre, ils devraient essayer de tirer des balles…
Devant cela, on économisera les appelants pour le restant de
la journée et heureusement ! Jusqu’à 10h00, seules quelques isolées
lâchent des vols mais par la suite, des poses entières et régulières viendront
nous en mettre en émotion et nous apporter ces frissons d’adrénaline que nous
attendons tous comme notre dose de drogue annuelle.
En même temps que le passage normal, s'effectue du recul de
la veille, suivi d'un recul de mer (O/E) inespéré et encore du recul normal (SO/NE)
et ce, jusqu'à la tombée de la nuit.
Par moments, ce sont des vagues bleues qui nous submergent. Heureusement
que la pose était assez difficile et qu'elles ne tenaient pas longtemps en
place…
Au soir de cette journée exceptionnelle on avait bien mérité l’apérot chez
Béñat et de poser, comme chaque année pour la photo de famille.
C'était donc la
journée de la décennie pour notre équipe, celle qui nous fixe des images de
pose plein la tête et pour longtemps !
Le gros des palombes qui stationnait depuis près d’une
semaine dans les Landes voisines est donc passé ou revenu…enfin, elles ont
bougé. Pour aller où ? Seules elles le savent !
Les deux jours suivants, peu de vols sont observés. Le vent
a viré au sud. Les poses se font au compte goutte. Le vendredi 30 octobre, un
petit passage se fait le matin, vite interrompu par le vent qui tourne au
secteur Ouest. Le jour suivant, nous ne sommes pas servis par le passage qui se
fait hors de notre chasse. Le dimanche 1er novembre, le temps est
changeant et le vent faible de sud. De gros vols de plus de 3000 oiseaux sont
observés et nous réussissons à en poser un de 1500 environ. Sûrement le vol posé
le plus important de l’année. Seul l’absent de l’équipe a eu tort. On ne le
reverra même plus jusqu’à la fin de la saison ! Son quota personnel doit
être atteint.
La semaine suivante, du lundi au dimanche inclus, les
conditions de chasses sont déplorables. Des rafales de vent à plus de 100
km/heure et les intenses précipitations nous font rentrer plusieurs fois les
appelants en catastrophe.
On se relaie comme on le peut, juste pour aller soigner nos appelants matin et soir, en
espérant toujours une amélioration pour le lendemain mais en vain !
Le lundi 9 et mardi 10 novembre, quelques éclaircies nous
font apercevoir quelques vols et faire quelques poses. Le mercredi puis le jeudi, le mauvais temps
est de retour et bien sûr, rien ne vole. Le vendredi 13 novembre, le temps
nuageux et couvert laisse passer quelques gros vols de passage mais, tout
revient en suivant sur la côte. Elles ont renoncé à traverser la chaîne des
pyrénées. Le samedi 14, le temps n’est pas formidable mais de gros vols de passage
défilent d’Est en Ouest puis à l’est de la chasse. Aucune ne reviendra en
arrière et celles qui passent à portée ne veulent rien savoir ! Elles
veulent migrer. Les réserves de nourriture qu’elles ont accumulées durant cet
arrêt migratoire de plus de dix jours, ne joue pas en votre faveur. L’Espagne
semble les attirer comme un aimant. Rien ne peut les ralentir !
Le lendemain 15, c’est le dernier jour de chasse pour le
restant de notre équipe. Il pleut et
quelques vols de recul, très hauts, nous survolent mais elles ne veulent rien
savoir. Les jours qui suivent, de gros vols font la traversée, même si les
conditions ne sont pas favorables. Très peu d’oiseaux reviennent en arrière.
Quelques réussites viennent me récompenser, dont la pose d’un gros vol de près
de 1000. Dommage d’être tout seul un
jour comme celui là !
Le jeudi 19 novembre voit l’avant dernier rush de l’année
migratoire. Beaucoup de vols se décident enfin à la traversée. Elles sont peu sensibles
aux appelants mais rien que pour les yeux, de voir passer tout ça, ça fait du
bien ! Le couloir plus à l’Est est bien sûr le plus fourni en passage. Je
pense que ce jour là, au minimum deux à trois cents mille palombes seront
passées de l’autre côté.
Le lendemain 20 novembre, ce sont les derniers gros vols de
la saison qui survoleront nos installations dont un que je ne peux estimer mais
sûrement pas loin des cinquante mille oiseaux. Se faire survoler pendant 8
minutes par le même vol dont on aperçoit pas les extrémités…ça en fait du
monde ! Bien sûr, rien de descend d’un vol comme celui-là.
Le samedi 21
novembre, ça sent quand même la fin. Pas grand-chose ne bouge. François et moi serons
récompensés de notre patience à 17 heures, par la pose d’un beau vol de cinq
cents, alors qu’un vent sauvage de sud commence seulement à se lever et que
d’autres, non loin de nous, ont tout démonté pour cette cause, dès le midi.
Les jours suivants, quelques petits mouvements dont quand
même de gros vols de plus de mille oiseaux seront travaillés le matin ; le
peu de vol à portée est très réceptif aux appelants…juste de quoi me récompenser
d’être resté au poste. Les couloirs migratoires voisins sont mieux
approvisionnés que « le mien » mais peu de chasseurs ont continué
leur quête. Trop de chasseurs sont las de ces conditions de migration en dents
de scie.
Finalement, trouvant le temps et les journées un peu
longues, je décide de boire mon dernier
café de la saison et de démonter le 27 novembre.
Au moment de descendre l’échelle une dernière fois, j’ai en
pensée plein de belles images de pose mais aussi, de conditions météo qui cette
année, n’auront pas été favorables à une migration régulière.
L’année migratoire 2009 aura donc été une année que beaucoup
qualifieront d’année de « misère ».
Pour notre équipe, une seule journée (27/10) nous aura
permis de faire près de 40% de notre chasse. Bénit soit ce mardi là !!!
Nous étions en mesure d’espérer mieux car on s’habitue très
facilement aux bonnes choses.
Hélas, les conditions météo et les palombes en décideront
autrement…
Plus de cinquante jours de chasse pour UNE journée
exceptionnelle, c’est avant tout ce que notre équipe retiendra de cette
« temporada ». Que dire alors pour d’autres chasseurs, tout aussi
passionnés, qui n’ont pas eu la chance d’être sous la bonne coulée ce jour là ?
Ne vous laissez pas gagner par le doute, persistez ! La
ténacité est toujours récompensée.
Remerciements à nos
amis qui ont bien voulu venir nous rendre une visite de courtoisie, dont
principalement : René, Martin, Jacques, Michel, Nicolas et le papa de
Marco.
En attendant la prochaine saison, l’équipe se remettra au
travail dès les beaux jours afin de préparer, nous l’espérons, une superbe
saison 2010…!
Résumé saison 2009
JNOEL
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