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Résumé de la saison 2008 d’Ursuak
La saison de chasse 2008
restera dans les mémoires des membres de l’équipe de chasse d’URSUAK, tant le
nombre de vols observés et posés aura été satisfaisant. Avec les années, les
automatismes se créent entre les copains. De ce fait, les sourires de fin de
saison en disaient long sur la satisfaction du « travail » bien
accompli. La vieille branche pourrie qui commençait à gangrener l’arbre a été
sectionnée à temps et les cicatrices font maintenant partie du passé. La bonne
ambiance est enfin retrouvée. Les travaux de taille, de
rénovation et la fabrication de nouvelles mécaniques ont mobilisé tous les
membres de l’équipe à compter de début juillet. Chaque membre à sa manière, a, suivant son temps libre apporté ainsi sa
pierre à l’édifice.
L’échéance du début de chasse
pour la première semaine d’octobre allait ainsi être respectée.
Les travaux de taille se sont
donc succédés à partir du mois de juillet ; cette année encore, les
repousses des tapis étaient importantes. L’élagueur de service s’est vu
renforcé efficacement par notre ami Fred, toujours souriant et très apprécié
pour sa compétence et son courage. Le dressage des pigeons, bien
qu’entrepris tardivement avec 10 jeunes nouveaux n’a posé aucun problème. Ils
ont tous effectué leur premier vol dans notre bois et auront par la suite
répondus très favorablement à toutes nos attentes.
La date du début des
hostilités avait été fixée au lundi 6
octobre, même si de beaux vols nous étaient signalés par nos copains de
Dordogne les 27 et 28 septembre. Le premier jour, les deux
présents de l’équipe avaient déjà les premiers contacts avec les belles
migratrices mais le passage du jour se situait plus à l’ouest de notre
position. Il faudra attendre le
mercredi 7 pour réaliser les deux premières poses sur les deux seuls vols
travaillés, dont un de deux cents oiseaux. Béñat et moi-même avions le sourire
le soir en descendant l’échelle car, avec seulement cinq appelants montés dont
trois pigeons, nous avions réussi notre petit coup de début de saison. Le
lendemain matin, là aussi, les deux seuls vols travaillés venaient à la pose.
La saison commençait bien.
Le vendredi 10 octobre, Léon
montrait enfin le bout de son museau à la vigie. François avait également
rejoint notre arbre avec eux, nous augmentions donc le nombre d’appelants. Bien
leur en pris puisque ce jour là, un beau passage se déclara, passage que
j’estimais sur et hors chasse à 21.000 palombes. Une vingtaine de vols
travaillés et de belles poses pour au soir, constater notre réussite. Le
lendemain samedi 11, alors que Marco et Jean-Michel étaient aux aussi présents,
nous réussissions quelques jolies poses sur de beaux vols. Le dimanche, le
passage continue mais en grande majorité dans le sens Est-ouest, moins
favorable pour nous. Malgré ça, nous réussissons dans l’ensemble, une belle
journée. Du lundi 13 au jeudi 16 octobre, le temps et les vents ont changés et
les conditions ne sont pas favorables à la migration. Il nous faut attendre le
vendredi 17 pour revoir de beaux vols migratoires et un bon pourcentage de
réussite tant à la pose qu’au tir. Tout fonctionne pour le mieux ; la
totalité des appelants a maintenant rejoint la cabane. Le 18, jour de St Luc, a
bel et bien été le grand truc pour notre secteur !
Dès la pointe du jour, les vols se succèdent,
souvent à de grandes hauteurs mais, la réussite est avec nous. Les tireurs au
vol, placés non loin de nous, ont compris au bout de deux heures de temps,
qu’elles étaient hors de portée et que ce n’était plus la peine de vider leur
automatique dans le tas.
Le comptage journalier, rien
que sur les vols travaillés atteindra au soir de cette journée d’anthologie, le nombre de quatre-vingts, dont vingt vols
comprenant de 500 à 1000 oiseaux. Il y avait de quoi se demander au soir si à
ce rythme là, la saison ne serait pas terminée dans les huit jours à venir.
La suite du passage continue
le lendemain 19 octobre, par une belle journée ensoleillée avec un vent léger
mais soutenu de Nord-est. De la levée du jour à 12h15, les vols se succèdent
les uns aux autres, souvent dans un flot continu de plusieurs minutes. Les
nuages de plus de 1000 palombes ne sont pas rares, parfois à de très grandes
hauteurs.
Malgré cela, nos appelants
séduisent quelques beaux paquets mais le tir doit être rapide car, elles ne
tiennent pas longtemps la pose. A trop attendre pour le tir,
nous ne sommes pas récompensés mais ça… nous le savions déjà, d’autant plus que
les tireurs au vol eux, ne se sont pas vite écoeurés ce jour là… Il est impossible dans ce
type de journée, que tous les oiseaux passant la chaîne soient comptabilisés,
tant les vols étaient importants, faisant parfois plusieurs kilomètres de longueur
et de largeur.
Une nouvelle marée bleue
venait de nous survoler !
En attendant, l’équipe
d’Ursuak se rince les yeux.
Les deux jours suivants
seront marqués par une accalmie due principalement au changement des conditions
météo. Le 23 octobre, le passage
commence de bonne heure mais stoppe net à 11h30. Certains n’auront pas vu
grand-chose ce jour là ; pourtant il s’est fait une belle migration
au-dessus du brouillard, que nous, nous surplombions. Logiquement, avec le beau
temps, le 24 est également une bonne journée et une nouvelle vague nous survole avec des nuages faisant encore une
fois plusieurs kilomètres. Malgré leur hauteur, nous touchons les vols à
portée. Nous réussissons de très belles poses et faisons le plein d’adrénaline.
Après cette journée, nous en
étions à nous dire que ce coup là, la saison serait bientôt finie. Mais d’où
pouvait provenir une telle quantité de palombes ?
Le samedi 25 octobre, un
passage continu nous est annoncé de bonne heure par notre ami Nico d’Orthez
mais, les vents tournants ne nous aident pas beaucoup dans nos manœuvres. Ce
passage se termine à 11h00. Nous prendrons quand même les vols à portée. Le dimanche 26, on remet le
couvert avec toujours un important passage de l’aube à 12h30 puis avec du recul
l’après-midi.
C’est la journée qui arrive
chaque année et que l’on veut vite oublier tant les « pétiots »,
maladresses voire faits de malchance se succèdent. C’est la journée que l’on
regrette chaque année en fin de saison, même si l’on sait que ça arrive dans
toutes les palombières. Un peu trop de monde à l’étage de chasse et les
maladresses arrivent vite… Malgré tout, on se console comme on peut au soir, en
se disant que nous ne sommes pas les plus malheureux du secteur.
Le lendemain, le passage
s’est tout de même calmé, tout au moins à portée car pas loin de nous, de beaux
vols se succèdent durant plusieurs heures. Un peu de recul de la veille puis,
tout s’arrête net avec l’arrivée de la pluie.
Du 28 octobre au 3 novembre,
le mauvais temps est de la partie et donc tout s’est arrêté ou presque. De
temps en temps quelques groupuscules, souvent très méfiants, viennent nous
rendre visite; tout comme quelques isolées recherchant la compagnie de nos
appelants.
Le mardi 4 novembre, les
conditions météo sont idéales pour une reprise de la migration et les belles
bleues ne manquent pas le rendez-vous prévu. Le beau temps et le vent de
Nord-est les aide dans leur migration. Ce jour là restera pour notre équipe, LE
jour de la saison ; celui où tout ou presque nous réussit. Au beau passage
de la matinée succède un mouvement de recul que nous attendions depuis huit
ans. Au soir, Béñat a essuyé quelques gouttes de sueur, un vieux pari tenant
toujours entre nous ayant bien failli se réaliser... Nous nous sommes donc
retrouvés chez lui pour célébrer cette belle journée, autour d’un apérot bien
mérité et pour une petite séance photo privée.
Les trois jours suivants,
tout s’est de nouveau arrêté net par cause de météo mais le souvenir de la
journée du 4 novembre nous laisse encore et toujours espérer.
Il nous faudra attendre et
encore attendre jusqu’au samedi 8 novembre pour voir un joli mouvement et
réussir quelques jolies poses. Puis, peu de choses jusqu’au 11 novembre, jour
où nous réussissons encore quelques belles choses. Les présents sont
récompensés et les absents ont toujours tort.
Il va tout de même falloir se
rendre à l’évidence, la fin n’est plus très loin. Les réserves landaises sont
pleines, même si beaucoup de maïs n’est pas ramassé. Elles ont trouvé le gîte
et le couvert.
Quelques-unes tenteront
encore quelques percées, les matins,
jusqu’au 28 novembre, date du dernier rush observé. Quelques poses et
prises récompenseront les rares présents, toujours pas rassasiés d’émotions et
d’images fortes de pose.
Le samedi 29 novembre,
l’équipe se retrouve une dernière fois au bois. Il est temps de ranger le
matériel et de ramener le reste des appeaux à leur volière. C’est sûrement la journée la
plus triste de la saison, celle où il nous faut retourner à la réalité et se
dire que pour cette année, c’est fini !
Nous retiendrons de cette
année migratrice 2008, un nombre exceptionnel de vols vus et travaillés mais aussi, la bonne humeur
et la réussite de l’équipe d’Ursuak.
Si Dieu le veut, elle se
retrouvera au même endroit l’année prochaine et je l’espère, avec autant de
motivation.
Avant cela, il y aura du pain
sur la planche pour remettre le bois et les installations en état car la
tempête du 24 janvier 2009 laissera à jamais des cicatrices dans le bois
d’Ursuak.
Remerciements au nom de
l’équipe à Fred, Jérôme, Didier, Martin, Georges ( dit Bleu64 ), Julien et bien
sûr au tonton René, pour les bons moments qu’ils ont bien voulu venir partager
avec notre équipe.
Ikus arte
Jean-Noël
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