Saison 2006

 Résumé de la saison 2006 d’Ursuak

            Au moment où je rédige ce compte-rendu, mes pensées s’envolent comme un vol de retour de longues migratrices et rejoignent la mémoire de Jacques LAUSSAQ, notre ami de Charente-Maritime, avec qui nous avons, il y a quelques années, passés des moments inoubliables et eu d’intenses émotions dans notre palombière d’Ursuak.

            Nous aurons toujours le souvenir de toi et de ton combat pour cette vie que nous aimons avant tout.

L’équipe d’Ursuak n’a commencé ses travaux qu’assez tardivement, en ce mois de mai 2006. Il s’agissait avant tout de réparer de la casse de branches support d’équerres que le vent et les intempéries avaient mis à mal. Trois gros châtaigniers qui commençaient à nous masquer  la vue ont perdu pas mal de leurs ramures faîtières.

Puis la première taille a succédé à ces quelques travaux. Le travail était moins imposant que l’année précédente. Néanmoins, une quinzaine de demi-journées ont été consacrées à cette taille des chênes de poses et autres repousses gênantes pour une bonne visibilité.

Aucune installation n’a à proprement dit été rajoutée à celles existantes.

Béñat et Jean-Michel se sont occupés du réglage des ficelles, ce qui n’est pas une mince affaire.

Le dimanche 24 septembre a été consacré au camouflage de la cabane. Encore des travaux d’hercule auxquels la quasi-totalité de l’équipe a participé.

Durant ces opérations, deux vols de colombins ont pris peur au moment de se poser, de même qu’une palombe qui se pose toute seule à une quinzaine de mètres de moi, avant de repartir avec la peur de sa vie…

A doses homéopathiques, presque en traînant les pieds, nous nous sommes succédés pour dresser deux jeunes pigeons volants de plus et pour réhabituer nos pigeons de caisse à trouver l’entrée de leur volière. La motivation semblait absente.

Seuls Béñat, Jean-Michel et moi-même, arrivions à nous retrouver dans le bois aux mêmes moments.

L’un pensait que le passage se ferait de bonne heure, comme autrefois mais la majorité était sûre de son fait : Elles ne seraient pas pressées d’arriver nos belles bleues !

C’est effectivement ce qu’il s’est passé, puisqu’il a fallu attendre le dimanche 8 octobre pour apercevoir les premiers vols de « rouquets » et le premier prélèvement.

La veille, un coup de vent assassin a cassé net de grosses branches et les a laissées en suspens dans les chênes. Il fallait remonter à plusieurs chênes pour tenter de masquer cette casse. Au cours de la même nuit, une bête à corne a même arraché l’une de nos équerres.

La saison semblait mal commencer…

Le lendemain 9 octobre, les premières palombes sont vues avec quelques rouquets. Quelques poses viennent récompenser les présents mais la migration reste très faible.

 Les jours se succèdent lentement. Le beau temps est là mais très peu d’oiseaux sont observés.

Le 13 octobre, un beau vol de plus de 50 passe tranquillement, bille pleine sur la cabane pendant que nos deux papys sont occupés au téléphone. C’était le seul vol de la journée et il ne repassera pas

Le samedi 14 est pour nous, le premier jour de passage. Onze petits vols sont observés mais ce sont en majorité des rouquets.

Les conditions sont pourtant assez favorables avec du beau temps et un vent de nord-est assez faible mais porteur d’espoirs.

Le dimanche 15, le temps est très beau mais le vent de sud gâche tous nos espoirs. Des rafales toujours plus fortes au moment des poses nous font penser que nos sommes maudits.

Le vent ne se calme pas les jours suivants. Il est notre ennemi numéro un !

Les palombes déboulent comme des fusées dans le sens Est-ouest et filent directement en direction de l’océan. Nos installations ne se prêtent pas à « ramasser » les vols passant avec de telles trajectoires. Néanmoins, quand elles sont réceptives, le vent les rejette en arrière et au loin en quelques secondes…

Il faut attendre le 18 (St Luc) pour apercevoir le premier gros vol de l’année avec 300 palombes environ. Il passe toujours d’Est en Ouest et avec ce maudit vent de sud, elles vont aussi vite que des sarcelles. Comme depuis 10 ans pour nous, la St Luc restera le souvenir du « petit truc » !

Le lendemain, le temps est nuageux. Nous voyons deux petits vols de misère et donc, nous décidons de finir de réparer quelques ouvrages cassés par le vent. lequel ne faiblit pas jusqu’au dimanche 22.

Chaque jour quelques poses sont effectuées mais au compte-gouttes.

Les conditions sont vraiment trop mauvaises pour chasser correctement. On se demande même chaque soir, s’il n’aurait pas mieux valu rester chez soi ou si on ne va pas transporter la palombière en Dordogne…

Le 24, le vent a faibli. De beaux vols de passage à la levée du jour nous donnent un réel espoir mais à 9 heures, tout est terminé.

Le mercredi 25 octobre, le vent fort mais de sud-est cette fois s’est mis de la partie.

Ça faisait longtemps !

De beaux vols arrivent sur nous jusqu’à onze heures puis le désert total jusqu’à la nuit. De belles poses auraient pu être réussies sans ce maudit vent. Sur cette journées, 35 vols ont survolé « Ursuak » dont 10 comprenant de 300 à plus de 1000 oiseaux.  Beaucoup d’oiseaux nous passent à quelques mètres mais ils sont vite rejetés en arrière au moment de poser les pattes sur les branches. C’était le premier déboulé tant attendu mais si décevant !

Le lendemain 26, le débarquement est encore plus impressionnant : J’arrête mon comptage tant les vols se succèdent. Je comptabilise 42 vols dont 26 de plus de trois cents palombes. En réalité ce sont des vols de plusieurs milliers d’oiseaux qui nous survolent, bien souvent à même pas dix mètres au dessus des arbres. Le vent est au secteur Sud et faible. La palombe veut migrer et très peu répondent à l’invitation de pose. Le spectacle est impressionnant même pour des habitués.

Le 27,  le temps est couvert et le vent est au Sud mais faible. Les grandes migratrices continuent de défiler devant nos yeux par vols de milliers et encore de milliers. Je m’arrête à 32 vols à 12 heures 15. Elles ont décidé de voler haut et même très haut. Cela arrangerait bien nos affaires car elles veulent poser.

Hélas, pas très loin et devant nous, les tireurs au vol ont décidé de tenter leur chance (à balles peut-être ?) et massacrent beaucoup de nos espoirs et sûrement aucune palombe !

La déception est là ! Cela aurait dû être le meilleur jour de la saison. Tant d’efforts réduits au presque néant à cause de soit disant chasseurs, ça donne envie de distribuer des…  Bref !

Le samedi 28/10, le ballet reprend dès la pointe du jour pour s’arrêter à 11 h 00. Encore beaucoup de vols sont comptabilisés dont 15 de plusieurs milliers. Elles volent très très haut mais malgré cela, quelques unes décrochent et viennent à la pose. L’ambiance est électrique et il faut se dépêcher de tirer sous peine de « faire panouille ». Les palombes sont inquiètes à la pose et en suivant, décident de repartir. Il faut se tenir prêt, le fusil à la main pour espérer en prélever une ou autre.

Les tirs d’artillerie se font toujours en encore entendre pas très loin, ce qui ne les incite pas à rester en notre compagnie bien longtemps.

Nous ne le savions pas encore mais ces trois derniers jours auraient dû être les meilleurs de la saison. Les conditions météo en ont décidé autrement pour nous.

Le dimanche 29, le brouillard se met de la partie. Il est tenace et bien froid. Il va persister pendant 4 jours successifs.

Donc, que du bonheur pour l’équipe !

Le 2 novembre, le temps est froid et le passage reprend mais pas pour notre cabane. Les couloirs les plus importants de la migration sont à gauche et à droite de notre position. Le peu qui nous survole vient assez bien aux appelants et à la pose.

Le lendemain, vendredi 3 novembre, un beau passage se fait de la pointe du jour jusqu’à 10 heures 30. Les palombes rassemblées ces derniers jours dans les réserves landaises ont décidé de partir.

17 vols très hauts sont travaillés et quelques réussites par des poses complètes viennent nous récompenser.  Le recul commence en suivant sur la côte mais rien au dessus de nos installations.

Le lendemain 4 novembre, nous recevons la visite de notre ami Jacques LUQUET, Président de l’A.N.C.Palombe. Le temps est froid le vent est de secteur Est /Nord-Est.

Un beau passage débute de bonne heure ; Des vols de 200 à 300 palombes assez rapprochés mais, les couloirs qu’elles empruntent sont trop à droite ou trop à gauche.

Un seul gros vol est travaillé par l’équipe dans toute la journée. Heureusement, quelques isolées viennent nous rendre visite pour nous consoler de notre infortune.

Le dimanche 5 novembre, il se produit de nouveau le même phénomène. Elles passent loin, trop loin de nous. Pas un seul vol n’est travaillé. Certains, plus gâtés que nous seront bien servis sur le couloir du recul et feront une belle journée.

Le lendemain 6 novembre, nous sommes un peu plus vernis. Nous travaillons 24 vols dont plusieurs comprenant de 300 à 1000 oiseaux. Quelques poses complètes viennent nous récompenser, malgré la hauteur impressionnante des vols. Comme quoi…Quand elles veulent ! Le passage s’arrête net à 10 heures 30 et quelques-unes feront même demi-tour pour rejoindre les réserves des landes proches.

Sans gloire, ce sera notre meilleure journée.

Le 7 novembre, d’énormes nuages  ont entrepris leur migration jusqu’à 10 heures 30.

Elles ne sont hélas pas pour nous.

Toujours quelques prises mais le moral n’y est plus. Je quitte l’équipe à 11 heures, un peu écoeuré. 

Ces jours de disette ont mis à mal le plus ancien de l’équipe, aussi le plus faible (moralement). Il a fini par cracher son venin.  Les mots blessants ne cicatriseront pas jusqu’à la fin de la saison. Ce n’est pas avec nous qu’il remplira son congélateur !

 C’est pas beau mais cela arrive presque partout quand manquent les « résultats » escomptés…Chez « Ursuak » : C’est fait !

 La chasse continue mais ce n’est plus comme avant ! Le ressort est un peu cassé mais la majorité de l’équipe a choisi : Nous ne cèderons à aucun chantage !

Cela fait partie des aléas de la vie et personne n’est exempt de ce type d’incident qui gâche le restant de la saison.

Les 8, 9 et 10 novembre, par beau temps et vents de secteur Nord/Nord-Est, de beaux « déboulés » de palombes survoleront nos installations, souvent à de grandes hauteurs;  Quelques vols décrocheront quand même pour récompenser les présents.  

Le 11 novembre, le brouillard et les entrées maritimes font leur apparition. Rien ne vole !

Il est alors décidé de mettre fin à cette saison et de ramener dès le 13, les appeaux à leurs volières, en espérant une meilleure année en 2007.

De cette saison, les membres de l’équipe d’Ursuak retiendront les conditions climatiques très défavorables pour la chasse en palombière.

Les vents de secteur Sud, souvent très fort ont défavorisé notre chasse au meilleur de la migration.

Pour nous, les comptages sont quasiment identiques à ceux des années précédentes.

Nous gardons néanmoins espoir pour la saison à venir et préparerons nos installations avec autant de passion en essayant toujours de nous améliorer.

L’équipe s’est maintenant remise de ses émotions, a désiré que du changement ait lieu très prochainement, pour repartir sur des bases plus saines et ramenant de ce fait la sérénité dans notre équipe d’amis.

Gora URSUAK !

Jean-Noël