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Les travaux de préparation de la chasse d’ursuak ont débuté
en mai, par la grosse taille de printemps, et par la préparation annuelle des
arbres. Nous avons également mis en place un nouveau « va et vient »
sur fil. Il s’en est suivi ensuite, le dressage de deux nouveaux
pigeons sur fil (1 titulaire + 1 remplaçant par installation), de même que le dressage d’une douzaine de pigeons de caisse, fournis par Marco, nouveau venu dans l’équipe
d’ursuak.. Le fait que nos volants et ces derniers ne se connaissent
pas a facilité leur dressage et évité tout mélange entre oiseaux.. Le camouflage de la cabane « d’ursuak » s’est
déroulé le premier week-end d’octobre. Une seule journée a suffit car, cette année nous avons
trouvé un nouveau procédé pour cacher nos vigies, procédé qui a donné entière
satisfaction… Tous les membres de l’équipe ont participé à cette journée
camouflage.
La chasse a débuté, le vendredi 7 octobre pour Béñat qui,
seul, a inauguré le « planchot », en réalisant deux poses complètes
avec 2 palombes en appelant et trois
pigeons volants. Dès le lendemain, 8 octobre, trois petits vols de
migratrices étaient observés, venant assez facilement à la pose (peu de
pression de chasse oblige). Les efforts consentis depuis plusieurs mois étaient
récompensés. La fièvre bleue commençait déjà à ronger les absents…qui
n’allaient plus maintenant tarder à rejoindre la cabane. Le dimanche 9 voyaient 10 vols observés dont déjà un de 60
« rouquets » environ. Les jours suivants voyaient quelques petites volées survoler les installations et
parfois venir se poser.
La saison commençait bien !
Le samedi 16 octobre, de beaux vols de passage sont observés, mais trop à l’Est de
nos installations, pour être « travaillés ». Le premier jour de gros passage sur nos installations se
produit le dimanche 17 octobre. 33 vols sont travaillés, dont deux comprenant de 300 à 500
oiseaux mais, elles sont déjà plus méfiantes. La pression des autres cabanes et
des tireurs au vol, se fait déjà sentir. Le lundi 18, un nouveau beau passage est observé. Le vent
est faible de secteur Est. 42 vols survolent de haut les installations. Les oiseaux ne
prennent pas facilement. Quelques bavures ou « pétiots » viennent ternir
cette belle journée. C’est la journée des catastrophes avec deux appelants
blessés et un échappé. L’après midi, un gros recul est observé vers la côte. Le mardi 19, jour de St Luc…Pas un truc ! Comme quoi, les dictons
n’ont plus beaucoup de valeur de nos jours. Il faut aussi préciser que la pluie était au rendez-vous. Le lendemain, le passage reprend mais le vent de
« Sud-Est – Est » est vraiment trop violent pour faire quoi que se
soit de positif. Les appelants sont trop exposés pour un rendement optimal.
Le jeudi 20, le beau temps est revenu. Beau et chaud !
Les palombes sont au rendez-vous. 26 vols sont comptés à
portée des installations, dont 3 de plus de 400 palombes. Pour ce qui est de la
pose : Les « bleues » connaissent déjà la musique !L’après-midi, un beau retour se produit jusqu’au soir mais,
toujours à l’ouest, vers la côte. Le vendredi 21, les espoirs de la levée où 5 vols sont
comptabilisés sont vite déçus. Plus rien ne suit, ce qui paraissait devoir être une bonne
journée. Le vent de Sud (fun), chaud et étouffant s’est mis de la partie
et ce n’est pas notre ami ! Le 22 octobre, quelques nuages assombrissent le ciel et un
peu de passage se fait mais, elles sont intouchables. Ces palombes veulent
migrer et ne s’occupent que très peu des appelants. Le dimanche 23 octobre est un jour de pluie. Rien ne
bouge ! C’est la désolation mais cela ne fait rien, le repas de midi
nous récompensera de notre présence, avec de bons plats mitonnés par l’ami
Béñat. Le lendemain 24 octobre, le temps s’est remis au beau et le passage
attendu arrive enfin. 38 vols sont travaillés avec un peu de réussite à la clé.
Cependant, pour le nombre de vols prêts à poser entièrement, peu répondront
présent. Le jour suivant est du même acabit et même en mieux puisque,
les vols déboulent de tous les côtés à la fois, en passage, en recul et en
recul de mer. Les vols se croisent souvent au dessus de nous, ce qui n’est
jamais bon pour les intéresser à nos appelants. Elles sont très difficiles à la
pose. Les deux jours suivants (26 et 27/10) seront considérés en
fin de saison, comme les deux meilleurs de l’année. Il fait très beau. Le vent dominant est au nord-est mais
chaud, virant par moment au sud-est. Le débarquement est en route. Des vols de plusieurs milliers
d’oiseaux défilent sur tout le pays basque ouest. Une grosse vague bleue qui
n’en finit plus de descendre. Plusieurs dizaines de vols de milliers de
palombes sont travaillés souvent en vain mais quelques succès viennent nous
récompenser. Les émotions sont fortes pour les néophytes. Quelques
« guiboles » flageolent avant de presser la détente... Parfois il n’y
a plus assez de branches libres pour toutes. Dans l’ensemble, les palombes répondent bien à nos
sollicitations mais trouvent souvent une excuse pour ne pas toutes se poser. Parfois,
lorsqu’elles se décident enfin, elles
fuient la proximité des appelants pour aller se cacher dans les chênes les plus
touffus. Le vendredi 28 octobre, le temps a changé. Il est très nuageux et menaçant. Dix vols de recul sont
travaillés sur la journée avec là aussi quelques réussites magiques. Les 4 jours suivants seront comme l’on dit chez nous, «des
journées de misère», celles où l’on se dit le soir : « Que l’on
aurait mieux fait de rester couchés ». Rien ou peu de choses viennent nous égayer à part les bons
repas de Béñat et quelques blagues succulentes et les chansons de Léon. Les
voisins doivent même se dire que nous avons abusé de la boisson mais, il n’est
rien. Il nous faut ensuite attendre le mercredi 2 novembre pour
voir de nouveau un GROS passage. Le vent de Sud est fort et chaud. Après ces quelques jours de repos qu’elles se sont octroyés
dans les champs de maïs des landes, les « miss » ne se laissent que
peu attendrir. Le déboulé est très
important. Je m’arrête de compter les vols de plus de 1000 et de 500. Le soir, je comptabilise 37 vols travaillés mais, je sais
qu’il en manque autant dans mon comptage.
Au démontage du soir, les appelants sont fatigués. Ils ont tout donné. L’aspirine dans la pâtée leur fait beaucoup de bien pour la
récupération. L’équipe aussi a tout donné, pour peu de résultats. Tant
pis ! On se dit toujours que demain sera un jour meilleur.Une nouvelle fois, le « Caxu bihar » (attention
demain!) a motivé les troupes. Dès la pointe du jour, les palombes défilent à nouveau
devant nous, des vols hauts, bas, des nuages entiers, des petits groupes !
On en voit partout et même les vols passant trop loin. Le spectacle est une nouvelle fois fabuleux. Hélas, elles
sont encore pressées de partir et ne font pas beaucoup attention aux appeaux !
Je me suis une nouvelle fois arrêté de compter après le
cinquantième vol sur la cabane.Sur les crêtes environnantes, les tireurs au vol ont dû
épuiser leur stock de cartouches. Tous les vols hauts ou bas sont tirés. Parfois, on peut se
demander pourquoi ils ne tirent pas des balles…A certains moments, ces tirs d’artillerie nous faisaient
penser au Liban ! Ce jour là, la pluie est revenue tout perturber vers 16
heures. C’est sûrement la raison de ce nouveau débarquement en ordre
serré. Elles voulaient passer la chaîne pyrénéenne avant la pluie. Les deux jours suivants, la misère est revenue nous voir.
Rien, plus rien ! Le dimanche 6 novembre, le beau temps revenu avec un bon
vent de nord-est, le passage est reparti. 26 vols à portée sont travaillés et
le moral de l’équipe est revenu. Les deux jours suivants, le temps reste inchangé. Le vent est de NE faible. Le passage est encore important mais un trop décalé sur l’Est
de notre position. Les quelques vols à portés sont « ramassés » en
partie ou entièrement. Du recul se fait sur la mer dans l’après-midi et nous
réussissons deux grosses poses entières. Les arbres sont devenus bleus à
plusieurs reprises et l’ambiance est au beau fixe. Le soir Léon nous chante ses
leio gorry…Le soir même, le vent vire à l’ouest, annonçant pour la nuit
et le lendemain, une pluie néfaste pour notre chasse. Nous faisons néanmoins quelques poses, pour notre invité
d’ORTHEZ qui est venu nous rendre visite et affronter les éléments. Le 10 novembre au matin, nous surplombons une mer de brouillard.
Il fait beau et sommes parmi les rares à voir de la palombe. Elles viennent de temps en temps visiter nos installations,
pour le plus grand bonheur de notre ami Jacques LUQUET, venu nous rendre une
petite visite. Le 11 novembre, le brouillard a pris possession des Landes
voisines, interdisant presque toute migration. L’après-midi, on ne se bouscule
pas dans la cabane. Cependant, un beau vol de recul est intercepté, juste quand
Marco a décidé de nous quitter. Vraiment pas de chance ! Et dire qu’il n’y a pas cru
sur l’instant… Ah, ces jeunes !Le lendemain, la pluie s’est remise à tomber et forte! Nous
nous laissons passer bêtement, le plus beau vol de la journée comptant entre
300 et 400 individus.Cinq jours de suite, la pluie dérangera et arrêtera la
migration. Malgré ce que tout le monde pense, je sais qu’il en reste
encore à passer. Dès le premier jour de beau temps, elles tenteront de nouveau
leur chance pour passer la chaîne et rejoindre leurs lieux d’hivernage ibérique. Le
samedi 19 novembre et le dimanche 20, le ciel bleu est
enfin revenu et avec, nos chères palombes.La grande majorité des chasseurs des cabanes des environs
ont remisé leurs fusils.Les comptages sont arrêtés depuis belle lurette. Cela ne
nous empêche pas à nous, de nous régaler. De très beaux vols sont observés. Un
passage non soutenu mais important néanmoins. Tous les vols à portée prennent bien aux appelants et posent
(enfin !). Les plus téméraires sont une nouvelle fois récompensés pour
leur patience. Comme il faut bien s’arrêter un jour, nous avions décidé de
nous arrêter le 20 novembre, ce qui fut chose faite, mais après un dernier
« baroud » d’honneur. Nos appelants pouvaient maintenant regagner leurs volières,
pour des vacances bien méritées et nous, regagner enfin l’estime de nos
compagnes, après un mois et demi d’infidélité à nos domiciles respectifs. Nous avons encore une fois, assouvis notre passion de la
chasse à la palombe et guéri de notre fièvre bleue. Le remède est simple : Une bonne équipe de copains, des
palombes à travailler et enfin la pose
que tout le monde attend comme une jouissance. Des images fortes passent et repasseront encore devant nos
yeux pour quelques mois, en attendant la saison prochaine, la neuvième de l’équipe
d’URSUAK, celle que l’on espère encore et toujours meilleure. Merci à mes amis de palombière qui ont bien voulu partager
ces moments si prenant et intimes, que seuls les passionnés comprennent. Seuls les bons souvenirs restent ancrés dans nos mémoires.
On oublie vite les journée de galère où rien ne vole. Merci donc à : Albert – Léon – François – Béñat – Marco
et à nos invités : Tonton rené, Martin, Philippe d’Ursuak, Batitte,
Nicolas, Michèle, Jacques, Colette et
tant-pis pour ceux que j’aurais pu oublier…
Pour résumer en peu de mots notre saison de chasse, je dirai
comme l’ami Léon :
«Qu’elle était moyenne» ! Nous avons vu beaucoup, beaucoup de palombes mais, trop
matraquées pour que je puisse dire que la saison a été bonne. Comme les autres années, je ne m’épancherai pas trop sur le
sujet du tir au vol avec appelants dans pas mal de départements Français. Bien sûr, « ils » ne sont pas responsables de tous
nos maux mais, ils y contribuent en partie. Comme je n’ai pas pour habitude de cacher ce que je pense, je
ne féliciterai pas non plus, certains présidents de sociétés de chasse qui,
sous prétexte de vendre des cartes (pour lâcher des cocottes à l’ouverture),
attribuent celles-ci à des tireurs fous, non respectueux d’autrui et plus
occupés à vider leurs automatiques à n’importe qu’elle distance, qu’à
s’appliquer à effectuer un tir propre et à réelle portée de fusil. Pourvu que ce petit commerce leur dure longtemps ! Faut
dire que moi, je ne suis pas commerçant ! Je suis chasseur en palombière et fier d’être respectueux de
« l’éthique » de la chasse de mes ancêtres ! A très bientôt maintenant.
Ikus arte eta GORA URSUAK !
Jean-Noël
Craquantes : Pas d’anecdote
succulente cette année mais tout de même à signaler, que l’un de nos appelants
qui s’est échappé le 17 octobre est revenu sur la volière le 28 février après
j’en suis sûr, avoir migré avec ses congénères longues migratrices. Depuis, cette belle femelle a donné naissance à d’adorables
petits.
Après ça, qui peut continuer à considérer notre belle palombe comme un vulgaire « pigeon » ? |
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