Saison 2005

 
Les travaux de préparation de la chasse d’ursuak ont débuté en mai, par la grosse taille de printemps, et par la préparation annuelle des arbres. Nous avons également mis en place un nouveau « va et vient » sur fil.
Il s’en est suivi ensuite, le dressage de deux nouveaux pigeons sur fil (1 titulaire + 1 remplaçant par installation), de même que
 le dressage d’une douzaine de pigeons de caisse, fournis par Marco, nouveau venu dans l’équipe d’ursuak..
Le fait que nos volants et ces derniers ne se connaissent pas a facilité leur dressage et évité tout mélange entre oiseaux..
Le camouflage de la cabane « d’ursuak » s’est déroulé le premier week-end d’octobre. Une seule journée a suffit car, cette année nous avons trouvé un nouveau procédé pour cacher nos vigies, procédé qui a donné entière satisfaction…
Tous les membres de l’équipe ont participé à cette journée camouflage.

La chasse a débuté, le vendredi 7 octobre pour Béñat qui, seul, a inauguré le « planchot », en réalisant deux poses complètes avec  2 palombes en appelant et trois pigeons volants.
Dès le lendemain, 8 octobre, trois petits vols de migratrices étaient observés, venant assez facilement à la pose (peu de pression de chasse oblige). Les efforts consentis depuis plusieurs mois étaient
 récompensés. La fièvre bleue commençait déjà à ronger les absents…qui n’allaient plus maintenant tarder à rejoindre la cabane.
Le dimanche 9 voyaient 10 vols observés dont déjà un de 60 « rouquets » environ. Les jours suivants voyaient quelques
 petites volées survoler les installations et parfois venir se poser.

La saison commençait bien !

Le samedi 16 octobre, de beaux vols de
  passage sont observés, mais trop à l’Est de nos installations, pour être « travaillés ». Le premier jour de gros passage sur nos installations se produit le dimanche 17 octobre. 33 vols sont travaillés, dont deux comprenant de 300 à 500 oiseaux mais, elles sont déjà plus méfiantes. La pression des autres cabanes et des tireurs au vol, se fait déjà sentir.
Le lundi 18, un nouveau beau passage est observé. Le vent est faible de secteur Est. 42 vols survolent de haut les installations. Les oiseaux ne prennent pas facilement. Quelques bavures ou « pétiots » viennent ternir cette belle journée. C’est la journée des catastrophes avec deux appelants blessés et un échappé. L’après midi, un gros recul est observé vers la côte.
Le mardi 19, jour de St Luc…Pas un truc ! Comme quoi, les dictons n’ont plus beaucoup de valeur de nos jours. Il faut aussi préciser que la pluie était au rendez-vous.
Le lendemain, le passage reprend mais le vent de « Sud-Est – Est » est vraiment trop violent pour faire quoi que se soit de positif. Les appelants sont trop exposés pour un rendement optimal.
Le jeudi 20, le beau temps est revenu. Beau et chaud ! Les palombes sont au rendez-vous. 26 vols sont comptés à portée des installations, dont 3 de plus de 400 palombes. Pour ce qui est de la pose : Les « bleues » connaissent déjà la musique !L’après-midi, un beau retour se produit jusqu’au soir mais, toujours à l’ouest, vers la côte.
Le vendredi 21, les espoirs de la levée où 5 vols sont comptabilisés sont vite déçus. Plus rien ne suit, ce qui paraissait devoir être une bonne journée. Le vent de Sud (fun), chaud et étouffant s’est mis de la partie et ce n’est pas notre ami !
Le 22 octobre, quelques nuages assombrissent le ciel et un peu de passage se fait mais, elles sont intouchables. Ces palombes veulent migrer et ne s’occupent que très peu des appelants.
Le dimanche 23 octobre est un jour de pluie. Rien ne bouge ! C’est la désolation mais cela ne fait rien, le repas de midi nous récompensera de notre présence, avec de bons plats mitonnés par l’ami Béñat.
Le lendemain 24 octobre, le temps s’est remis au beau et le passage attendu arrive enfin. 38 vols sont travaillés avec un peu de réussite à la clé. Cependant, pour le nombre de vols prêts à poser entièrement, peu répondront présent.
Le jour suivant est du même acabit et même en mieux puisque, les vols déboulent de tous les côtés à la fois, en passage, en recul et en recul de mer. Les vols se croisent souvent au dessus de nous, ce qui n’est jamais bon pour les intéresser à nos appelants. Elles sont très difficiles à la pose.
Les deux jours suivants (26 et 27/10) seront considérés en fin de saison, comme les deux meilleurs de l’année.
Il fait très beau. Le vent dominant est au nord-est mais chaud, virant par moment au sud-est. Le débarquement est en route. Des vols de plusieurs milliers d’oiseaux défilent sur tout le pays basque ouest. Une grosse vague bleue qui n’en finit plus de descendre. Plusieurs dizaines de vols de milliers de palombes sont travaillés souvent en vain mais quelques succès viennent nous récompenser.
  Les émotions sont fortes pour les néophytes. Quelques « guiboles » flageolent avant de presser la détente... Parfois il n’y a plus assez de branches libres pour toutes.
Dans l’ensemble, les palombes répondent bien à nos sollicitations mais trouvent souvent une excuse pour ne pas toutes se poser. Parfois, lorsqu’elles se décident enfin,
  elles fuient la proximité des appelants pour aller se cacher dans les chênes les plus touffus.
Le vendredi 28 octobre, le temps a changé. Il est très nuageux et menaçant. Dix vols de recul sont travaillés sur la journée avec là aussi quelques réussites magiques.
Les 4 jours suivants seront comme l’on dit chez nous, «des journées de  misère», celles où l’on se dit le soir : « Que l’on aurait mieux fait de rester couchés ». Rien ou peu de choses viennent nous égayer à part les bons repas de Béñat et quelques blagues succulentes et les chansons de Léon. Les voisins doivent même se dire que nous avons abusé de la boisson mais, il n’est rien. Il nous faut ensuite attendre le mercredi 2 novembre pour voir de nouveau un GROS passage. Le vent de Sud est fort et chaud.
Après ces quelques jours de repos qu’elles se sont octroyés dans les champs de maïs des landes, les « miss » ne se laissent que peu attendrir.
 Le déboulé est très important. Je m’arrête de compter les vols de plus de 1000 et de 500. Le soir, je comptabilise 37 vols travaillés mais, je sais qu’il en manque autant dans mon comptage.  Au démontage du soir, les appelants sont fatigués. Ils ont tout donné. L’aspirine dans la pâtée leur fait beaucoup de bien pour la récupération. L’équipe aussi a tout donné, pour peu de résultats. Tant pis ! On se dit toujours que demain sera un jour meilleur.Une nouvelle fois, le « Caxu bihar » (attention demain!) a motivé les troupes.
Dès la pointe du jour, les palombes défilent à nouveau devant nous, des vols hauts, bas, des nuages entiers, des petits groupes ! On en voit partout et même les vols passant trop loin. Le spectacle est une nouvelle fois fabuleux. Hélas, elles sont encore pressées de partir et ne font pas beaucoup attention aux appeaux ! Je me suis une nouvelle fois arrêté de compter après le cinquantième vol sur la cabane.Sur les crêtes environnantes, les tireurs au vol ont dû épuiser leur stock de cartouches. Tous les vols hauts ou bas sont tirés. Parfois, on peut se demander pourquoi ils ne tirent pas des balles…A certains moments, ces tirs d’artillerie nous faisaient penser au Liban ! Ce jour là, la pluie est revenue tout perturber vers 16 heures. C’est sûrement la raison de ce nouveau débarquement en ordre serré. Elles voulaient passer la chaîne pyrénéenne avant la pluie. Les deux jours suivants, la misère est revenue nous voir. Rien, plus rien !
Le dimanche 6 novembre, le beau temps revenu avec un bon vent de nord-est, le passage est reparti. 26 vols à portée sont travaillés et le moral de l’équipe est revenu. Les deux jours suivants, le temps reste inchangé. Le vent est de NE faible. Le passage est encore important mais un trop décalé sur l’Est de notre position.
Les quelques vols à portés sont « ramassés » en partie ou entièrement. Du recul se fait sur la mer dans l’après-midi et nous réussissons deux grosses poses entières. Les arbres sont devenus bleus à plusieurs reprises et l’ambiance est au beau fixe. Le soir Léon nous chante ses leio gorry…Le soir même, le vent vire à l’ouest, annonçant pour la nuit et le lendemain, une pluie néfaste pour notre chasse. Nous faisons néanmoins quelques poses, pour notre invité d’ORTHEZ qui est venu nous rendre visite et affronter les éléments.
Le 10 novembre au matin, nous surplombons une mer de brouillard. Il fait beau et sommes parmi les rares à voir de la palombe. Elles viennent de temps en temps visiter nos installations, pour le plus grand bonheur de notre ami Jacques LUQUET, venu nous rendre une petite visite.
Le 11 novembre, le brouillard a pris possession des Landes voisines, interdisant presque toute migration. L’après-midi, on ne se bouscule pas dans la cabane. Cependant, un beau vol de recul est intercepté, juste quand Marco a décidé de nous quitter. Vraiment pas de chance ! Et dire qu’il n’y a pas cru sur l’instant… Ah, ces jeunes !Le lendemain, la pluie s’est remise à tomber et forte! Nous nous laissons passer bêtement, le plus beau vol de la journée comptant entre 300 et 400 individus.Cinq jours de suite, la pluie dérangera et arrêtera la migration.
Malgré ce que tout le monde pense, je sais qu’il en reste encore à passer. Dès le premier jour de beau temps, elles tenteront de nouveau leur chance pour passer la chaîne et rejoindre leurs lieux d’hivernage ibérique.
Le samedi 19 novembre et le dimanche 20, le ciel bleu est enfin revenu et avec, nos chères palombes.La grande majorité des chasseurs des cabanes des environs ont remisé leurs fusils.Les comptages sont arrêtés depuis belle lurette. Cela ne nous empêche pas à nous, de nous régaler. De très beaux vols sont observés. Un passage non soutenu mais important néanmoins. Tous les vols à portée prennent bien aux appelants et posent (enfin !). Les plus téméraires sont une nouvelle fois récompensés pour leur patience. Comme il faut bien s’arrêter un jour, nous avions décidé de nous arrêter le 20 novembre, ce qui fut chose faite, mais après un dernier « baroud » d’honneur.
Nos appelants pouvaient maintenant regagner leurs volières, pour des vacances bien méritées et nous, regagner enfin l’estime de nos compagnes, après un mois et demi d’infidélité à nos domiciles respectifs. Nous avons encore une fois, assouvis notre passion de la chasse à la palombe et guéri de notre fièvre bleue. Le remède est simple : Une bonne équipe de copains, des palombes à travailler et
  enfin la pose que tout le monde attend comme une jouissance.
Des images fortes passent et repasseront encore devant nos yeux pour quelques mois, en attendant la saison prochaine, la neuvième de l’équipe d’URSUAK, celle que l’on espère encore et toujours meilleure.
Merci à mes amis de palombière qui ont bien voulu partager ces moments si prenant et intimes, que seuls les passionnés comprennent. Seuls les bons souvenirs restent ancrés dans nos mémoires. On oublie vite les journée de galère où rien ne vole.
Merci donc à : Albert – Léon – François – Béñat – Marco et à nos invités : Tonton rené, Martin, Philippe d’Ursuak, Batitte, Nicolas, Michèle,
 Jacques, Colette et tant-pis pour ceux que j’aurais pu oublier…

Pour résumer en peu de mots notre saison de chasse, je dirai comme l’ami Léon :

«Qu’elle était moyenne» !
Nous avons vu beaucoup, beaucoup de palombes mais, trop matraquées pour que je puisse dire que la saison a été bonne.
Comme les autres années, je ne m’épancherai pas trop sur le sujet du tir au vol avec appelants dans pas mal de départements Français. Bien sûr, « ils » ne sont pas responsables de tous nos maux mais, ils y contribuent en partie.
Comme je n’ai pas pour habitude de cacher ce que je pense, je ne féliciterai pas non plus, certains présidents de sociétés de chasse qui, sous prétexte de vendre des cartes (pour lâcher des cocottes à l’ouverture), attribuent celles-ci à des tireurs fous, non respectueux d’autrui et plus occupés à vider leurs automatiques à n’importe qu’elle distance, qu’à s’appliquer à effectuer un tir propre et à réelle portée de fusil. Pourvu que ce petit commerce leur dure longtemps ! Faut dire que moi, je ne suis pas commerçant !
Je suis chasseur en palombière et fier d’être respectueux de « l’éthique » de la chasse de mes ancêtres !
A très bientôt maintenant.
   Ikus arte  eta GORA URSUAK !
                                                                                  
                                                                                               Jean-Noël

Craquantes : Pas d’anecdote succulente cette année mais tout de même à signaler, que l’un de nos appelants qui s’est échappé le 17 octobre est revenu sur la volière le 28 février après j’en suis sûr, avoir migré avec ses congénères longues migratrices. Depuis, cette belle femelle a donné naissance à d’adorables petits.

Après ça, qui peut continuer à considérer notre belle palombe  comme un vulgaire « pigeon » ?