Saison 2003

 
Le vieil écureuil ( Albert ) et les autres membres de l’équipe se sont mis au travail de préparation dès le mois de mai. Environ dix matinées ont été nécessaires afin de faire une première taille des arbres et de préparer quelques emplacement d’appeaux supplémentaires.
            Ils veulent toujours essayer de s’améliorer, les bougres !
Deux emplacements d’appelants ont été rajoutés et un autre pour la pose. Un ancien emplacement
pour le rappel a été restauré mais, il n’a pas donné satisfaction.

Pour la pose, deux appeaux jumelés sur le même cadre ont été rajoutés,
sur le côté d’un chêne de pose qui fait face à la cabane.
Avec celui qui se trouvait juste à côté l’année dernière, il y a maintenant trois appeaux
pour la pose devant ce chêne, disposés assez bas.
Le regroupement d’appeaux s’est avéré en partie payant.
Au mois de juillet, quinze matinées de plus ont été nécessaires pour procéder à la finition
de la taille sur les arbres et pour le passage des cadres. Le réglage des ficelles s’est fait
sur trois journées complètes.
Les installations étaient prêtes quand début septembre, des visiteurs biens intentionnés
se sont appropriés quinze cadres de l’installation, après avoir sectionné les câbles
blindés avec des pinces.
Un vol et un acte de lâcheté qui n’a tout de même pas découragé nos amis.
Ils se sont remis au boulot et en deux semaines, le mal était en partie réparé.
 
            Nos amis se sont retrouvés les 27 et 28 septembre, afin de camoufler la cabane.
Les conditions météo n’étaient pas des meilleures mais, il a fallu faire avec.
De bonnes suées entre deux bourrasques de pluies et de vent ont touché quelques bronches.
               La saison a débuté tout doucement avec la première prise d’un pigeon biset le dimanche 5   octobre.
Il a fallu attendre le 11 octobre pour la prise de la première palombe car, il y avait plus de bisets
et de pigeons colombins en passage que de palombes.

Ensuite, jusqu’au 16 octobre, jour où un petit passage a été observé, rien ou très peu de chose!

Un temps épouvantable ; Un brouillard qui ne se lève qu’à 16 heures 30 pendant 3 jours d’affilé…
Du jamais vu en cette saison !
Le moral est dans les chaussettes jusqu’au samedi 25 où un nouveau passage se fait.
Une quinzaine de gros vols de plusieurs centaines d’oiseaux au loin puis, un petit peu sur la cabane ou à portée.
   L’après-midi, il y a du recul mais loin de la palombière, là-bas, loin vers la côte.
Le moral est quand même un petit peu retrouvé car quelques prises ont été effectuées
et les amis ont tiré plusieurs fois « à plein. »

Le lundi 27, un autre mouvement de passage suivi de retour aussi dit recul est observé.
L’équipe retrouve le moral mais, ce n’est pas «la Gloire de mon père »
Depuis le début, les vols arrivent, réagissent bien aux volants et autres appelants,
tournent autour des chênes et s’en vont, sans être effrayés. Les palombes sont extrêmement méfiantes.
Elles semblent sentir la poudre. Elles touchent les feuilles des chênes et tout doucement,
elles se laissent glisser avant de repartir.
Les tirs se font au coup par coup; Une seule palombe à la fois et encore, très souvent nos chasseurs
n’ont pas le temps d’attraper leur fusil que les oiseaux sont tous repartis, sans un mouvement de peur.
   Ils se rappellent que chaque année, les premières palombes font le même cinéma mais,
comme après chaque passage, il y a beaucoup de recul sur l’océan et sur la côte ; Ils ont
l’impression de revoir « toujours les mêmes »
Le mauvais temps se remet de la partie avec des vents de secteur ouest, jusqu’au dimanche 2 novembre.
Ce jour là, il y a un vent de sud-est soutenu et une quinzaine de vols sont observés au loin.
De beaux groupes de plus de 200 palombes surplombent la palombière mais elles font celles
qui ne veulent rien voir. Très peu se posent.
Le lendemain, lundi 3 novembre, un gros passage se fait avec un bon vent de Est, nord-est ;
Elles font toujours la même « pantomime » pour se poser mais quelques prises sont faites.
Il y a encore du recul vers BAYONNE mais, rien pour notre cabane. Toujours cinq cents mètres
trop à l’ouest de la cabane.
Le lendemain mardi, dès le lever du soleil, avec un vent de nord-est, deuxième grosse rafale.
De très gros vols passent à toutes hauteurs et quelques-uns sont posés entièrement.
Une bonne journée de chasse est réalisée. Entre 600 et 700.000 palombes seront comptabilisées
ce jour là aux postes de comptages d’URRUGNE et de SARE ( couloir de migration « d’URSUAK » ).
Le mercredi 5 novembre restera pour nos chasseurs, « le jour de la saison »
Pendant près de deux heures, à partir de 09 heures 30, les fenêtres ou vigies resteront fermées
tant les vols de plusieurs milliers de palombes se succèdent. Le vent est de sud et les oiseaux
passent à toucher les branches. Des nuées succèdent à d’autres. Le spectacle est magnifique. 
Les vols bas ne veulent rien savoir, sauf une palombe qui, de temps en temps, vient quand même se poser.
Par contre de gros nuages de plus d’un millier d’oiseaux, volant plus haut que les autres vont
venir récompenser nos amis de tous leurs efforts et de toute leur patience.
Ils sont là à attendre, dans l’humidité et le froid depuis un mois maintenant.
Ces trois jours là resteront gravés dans leur mémoire et leur feront vite oublier les mauvais jours.
Depuis le 5 novembre, c’est le calme plat. Les réserves des Landes proches sont pleines et seul un grand anti-cyclone avec froid pourrait les faire migrer vers l'Espagne
Le garde à manger est plein dans les départements voisins.
Les plus jeunes sont retournés travailler et les deux retraités ( Albert et Léon ) montent la garde.
 
Au moindre signe, ils appelleront François, qui se dépêchera d’aller les rejoindre.
Du millésime deux mille trois, il subsistera quand même beaucoup de questions, hormis bien sûr
les conditions climatiques qui ont beaucoup retardé la migration.
Le fait que tout le monde se plaigne « qu’elles ne veulent pas poser » est une grosse interrogation
pour laquelle nous émettrons une hypothèse :
- Bien sûr, les tireurs au vol placés devant les palombières qui tirent les vols parfois à deux cents mètres
de hauteur, n’arrangent rien mais, il est également triste de constater que dans le sud-ouest, cette chasse traditionnelle avec appelants obéit à certaines règles; C’est à dire que l’on a le droit de ne tirer qu’au
poser et non pas au vol.
Deux dérogations sont en cours depuis plusieurs années dans le « département 64 » sur les cantons
de St Jean de Luz et Hendaye mais, ce mode de chasse s’est maintenant généralisé à tout l’hexagone.
Que les appelants ou appeaux soient bien sûr autorisés mais, uniquement pour le tir au posé.
Il n’est donc plus étonnant que les palombes fassent demi-tour dès qu’elles voient un appelant
bouger et quelles soient de plus en plus méfiantes.
Ce constat est alarmant pour l’avenir de notre chasse. La balle est maintenant entre les mains des dirigeants cynégétiques à qui ce triste constat, face aux inégalités, à été rapporté
Ces observations n’engagent que moi mais je pense ne pas être loin de la vérité.
Il semble que par ailleurs, d'autres chasseurs partagent mon point de vue. Citons les passionnés
de chasse à la palombe qui sur le site de Palombe.com ont fait part eux aussi, de ces inégalités.
N’oublions pas dans ces critiques, qui se voudraient constructives, nos voisins Espagnols qui
pratiquent ce mode de chasse lors de la migration mais aussi durant la période d’hivernage.
Les palombières sont traditionnellement originaires du Sud-Ouest de la France et si la situation
ne s’améliore pas, il parait évident que beaucoup de jeunes ( beaucoup moins
   patients ) ne prendront
pas la relève de leurs aînés.
Pour l’équipe d’
URSUAK, la saison 2003 ne restera pas dans les anales de la chasse, tant les palombes
étaient difficiles à faire poser. Cependant, nos amis chasseurs ont tout de même passé de bons
moments entre
  copains et c’est aussi là l’essentiel de cette chasse.
   Ils se sont promis fidèles au rendez-vous de la saison prochaine si Dieu leur prête vie, prêts pour de nouvelles sensations, espérées toujours plus chaudes.

 Les craquantes :
 
Ce qu’il ne faut jamais dire dans une palombière : « jamais !»
- Léon avait bien promis au cours d’une quelconque discussion que LUI, on ne lui ferait jamais manger du ragondin.
Il a perdu, trompé par ses amis. Ils se rappèleront qu’avant de savoir la vérité et de s’enfiler
une grande rasade de vin pour se désinfecter, il s’était bien léché les doigts de ce civet dit « de levraut ».
Ils ont quand même attendu que la digestion soit bien avancée avant de lui faire la révélation ;
D’autant plus qu’après le petit civet, il y avait une demi-côte de bœuf pour chacun plus, des cèpes
et des piquillos. Ils étaient sûrs qu’il n’irait pas vomir tout ça.
- Un vol s’éloigne après avoir fait cinq fois le tour de la cabane sans se poser :
Les fenêtres sont encore fermées quand Bénat s’écrie brusquement à l’encontre des palombes:

« Et alors, elles sont pas bien nos installations ou quoi ? »
- Une autre fois, il crie de même à leur encontre : « Hou Hou, on est là ! »
- Jeannot lui, il est resté en joue trois minutes, attendant qu’un autre vol qui arrivait de très très
haut ne se pose. Plié en deux, il commence à avoir des crampes. Sa cible, un « plomb »
  tombé du
vol comme un caillou ne bouge pas. C’est
  une belle et jeune palombe sans le collier.
Au moment du commandement (les arbres sont bleus), c’est le seul à entendre le « clic » de son percuteur.
Il n’avait pas changé la cartouche percutée du coup précédent.
Il n’y a pas de regret, cette jeune palombe ne devait pas succomber ce jour là.
Ami Philippe, concepteur de ce site que tu ne cesses d’améliorer; Reviens nous voir quand tu le veux.
Merci pour ces moments d’amitié que tu as bien voulu partager avec nous…
Jeannot