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Le vieil écureuil ( Albert ) et les autres
membres de l’équipe se sont mis au travail de préparation dès le mois de mai.
Environ dix matinées ont été nécessaires afin de faire une première taille des
arbres et de préparer quelques emplacement d’appeaux supplémentaires. Ils veulent toujours essayer de
s’améliorer, les bougres ! Deux emplacements
d’appelants ont été rajoutés et un autre pour la pose. Un ancien emplacement
pour le rappel a été restauré mais, il n’a pas donné
satisfaction.
Pour la pose, deux appeaux
jumelés sur le même cadre ont été rajoutés, sur le côté d’un chêne de pose qui
fait face à la cabane. Avec celui qui se trouvait juste à côté l’année dernière,
il y a maintenant trois appeaux pour la pose devant ce chêne, disposés assez
bas. Le regroupement d’appeaux
s’est avéré en partie payant. Au mois de juillet, quinze
matinées de plus ont été nécessaires pour procéder à la finition de la taille
sur les arbres et pour le passage des cadres. Le réglage des ficelles s’est fait
sur trois journées complètes. Les installations étaient
prêtes quand début septembre, des visiteurs biens intentionnés se sont
appropriés quinze cadres de l’installation, après avoir sectionné les câbles
blindés avec des pinces. Un vol et un acte de lâcheté
qui n’a tout de même pas découragé nos amis. Ils se sont remis au boulot
et en deux semaines, le mal était en partie réparé. Nos amis
se sont retrouvés les 27 et 28 septembre, afin de camoufler la cabane. Les conditions météo
n’étaient pas des meilleures mais, il a fallu faire avec. De bonnes suées entre deux
bourrasques de pluies et de vent ont touché quelques
bronches.
La saison a débuté tout doucement avec la première prise d’un pigeon
biset le dimanche 5
octobre. Il a fallu attendre le 11
octobre pour la prise de la première palombe car, il y avait plus de bisets et
de pigeons colombins en passage que de palombes.
Ensuite, jusqu’au 16
octobre, jour où un petit passage a été observé, rien ou très peu de chose!
Un temps épouvantable ; Un
brouillard qui ne se lève qu’à 16 heures 30 pendant 3 jours d’affilé… Du jamais
vu en cette saison ! Le moral est dans les
chaussettes jusqu’au samedi 25 où un nouveau passage se fait. Une quinzaine de
gros vols de plusieurs centaines d’oiseaux au loin puis, un petit peu sur la
cabane ou à portée. L’après-midi, il y a du recul mais loin de
la palombière, là-bas, loin vers la côte. Le moral est quand même un
petit peu retrouvé car quelques prises ont été effectuées et les amis ont tiré
plusieurs fois « à plein. »
Le lundi 27, un autre
mouvement de passage suivi de retour aussi dit recul est observé.
L’équipe retrouve le moral
mais, ce n’est pas «la Gloire de mon père » Depuis le début, les vols
arrivent, réagissent bien aux volants et autres appelants, tournent autour des
chênes et s’en vont, sans être effrayés. Les palombes sont extrêmement
méfiantes. Elles semblent sentir la poudre. Elles touchent les feuilles des
chênes et tout doucement, elles se laissent glisser avant de
repartir. Les tirs se font au coup par
coup; Une seule palombe à la fois et encore, très souvent nos chasseurs n’ont
pas le temps d’attraper leur fusil que les oiseaux sont tous repartis, sans un
mouvement de peur. Ils se rappellent que chaque année, les
premières palombes font le même cinéma mais, comme après chaque passage, il y a
beaucoup de recul sur l’océan et sur la côte ; Ils ont l’impression de revoir
« toujours les mêmes » Le mauvais temps se remet de
la partie avec des vents de secteur ouest, jusqu’au dimanche 2 novembre.
Ce jour là, il y a un vent
de sud-est soutenu et une quinzaine de vols sont observés au loin. De beaux groupes de plus de
200 palombes surplombent la palombière mais elles font celles qui ne veulent
rien voir. Très peu se posent. Le lendemain, lundi 3
novembre, un gros passage se fait avec un bon vent de Est, nord-est ; Elles font
toujours la même « pantomime » pour se poser mais quelques prises sont faites.
Il y a encore du recul vers BAYONNE mais, rien pour notre cabane. Toujours cinq
cents mètres trop à l’ouest de la cabane. Le lendemain mardi, dès le
lever du soleil, avec un vent de nord-est, deuxième grosse rafale.
De très gros vols passent à
toutes hauteurs et quelques-uns sont posés entièrement. Une bonne journée de
chasse est réalisée. Entre 600 et 700.000 palombes seront comptabilisées ce jour
là aux postes de comptages d’URRUGNE et de SARE ( couloir de migration
« d’URSUAK » ). Le mercredi 5 novembre
restera pour nos chasseurs, « le jour de la saison » Pendant près de deux heures,
à partir de 09 heures 30, les fenêtres ou vigies resteront fermées tant les vols
de plusieurs milliers de palombes se succèdent. Le vent est de sud et les
oiseaux passent à toucher les branches. Des nuées succèdent à d’autres. Le
spectacle est magnifique. Les vols bas ne veulent rien
savoir, sauf une palombe qui, de temps en temps, vient quand même se poser. Par
contre de gros nuages de plus d’un millier d’oiseaux, volant plus haut que les
autres vont venir récompenser nos amis de tous leurs efforts et de toute leur
patience. Ils sont là à attendre, dans
l’humidité et le froid depuis un mois maintenant. Ces trois jours là resteront
gravés dans leur mémoire et leur feront vite oublier les mauvais
jours. Depuis le 5 novembre, c’est
le calme plat. Les réserves des Landes proches sont pleines et seul un grand
anti-cyclone avec froid pourrait les faire migrer vers
l'Espagne Le garde à manger est plein
dans les départements voisins. Les plus jeunes sont
retournés travailler et les deux retraités ( Albert et Léon ) montent la
garde. Au moindre signe, ils appelleront
François, qui se dépêchera d’aller les rejoindre. Du millésime deux mille
trois, il subsistera quand même beaucoup de questions, hormis bien sûr les
conditions climatiques qui ont beaucoup retardé la
migration. Le fait que tout le monde se
plaigne « qu’elles ne veulent pas poser » est une grosse interrogation pour
laquelle nous émettrons une hypothèse : - Bien sûr, les tireurs au
vol placés devant les palombières qui tirent les vols parfois à deux cents mètres de hauteur, n’arrangent rien mais, il est également triste de constater
que dans le sud-ouest, cette chasse traditionnelle avec appelants obéit à
certaines règles; C’est à dire que l’on a le droit de ne tirer qu’au poser et
non pas au vol. Deux dérogations sont en
cours depuis plusieurs années dans le « département 64 » sur les cantons de St
Jean de Luz et Hendaye mais, ce mode de chasse s’est maintenant généralisé à
tout l’hexagone. Que les appelants ou appeaux
soient bien sûr autorisés mais, uniquement pour le tir au posé. Il n’est donc plus étonnant
que les palombes fassent demi-tour dès qu’elles voient un appelant bouger et
quelles soient de plus en plus méfiantes. Ce constat est alarmant pour
l’avenir de notre chasse. La balle est maintenant entre les mains des dirigeants
cynégétiques à qui ce triste constat, face aux inégalités, à été
rapporté Ces observations n’engagent
que moi mais je pense ne pas être loin de la vérité. Il semble que par ailleurs,
d'autres chasseurs partagent mon point de vue. Citons les passionnés de chasse à
la palombe qui sur le site de Palombe.com ont fait part eux aussi, de ces
inégalités. N’oublions pas dans ces
critiques, qui se voudraient constructives, nos voisins Espagnols qui pratiquent
ce mode de chasse lors de la migration mais aussi durant la période
d’hivernage. Les palombières sont
traditionnellement originaires du Sud-Ouest de la France et si la situation ne
s’améliore pas, il parait évident que beaucoup de jeunes ( beaucoup moins patients ) ne prendront pas la relève de
leurs aînés. Pour l’équipe
d’URSUAK, la saison 2003 ne restera pas dans les
anales de la chasse, tant les palombes étaient difficiles à faire poser.
Cependant, nos amis chasseurs ont tout de même passé de bons moments entre copains et c’est aussi là l’essentiel de
cette chasse. Ils se sont promis fidèles au rendez-vous de
la saison prochaine si Dieu leur prête vie, prêts pour de nouvelles sensations,
espérées toujours plus chaudes.
Les
craquantes :
Ce qu’il ne faut
jamais dire dans une palombière : « jamais !» - Léon avait bien promis au
cours d’une quelconque discussion que LUI, on ne lui ferait jamais manger du
ragondin. Il a perdu, trompé par ses
amis. Ils se rappèleront qu’avant de savoir la vérité et de s’enfiler une grande
rasade de vin pour se désinfecter, il s’était bien léché les doigts de ce civet
dit « de levraut ». Ils ont quand même attendu
que la digestion soit bien avancée avant de lui faire la révélation ; D’autant
plus qu’après le petit civet, il y avait une demi-côte de bœuf pour chacun plus,
des cèpes et des piquillos. Ils étaient sûrs qu’il n’irait pas vomir tout
ça. - Un vol s’éloigne après
avoir fait cinq fois le tour de la cabane sans se
poser : Les fenêtres sont encore
fermées quand Bénat s’écrie brusquement à l’encontre des palombes:
« Et alors, elles sont pas
bien nos installations ou quoi ? » - Une autre fois, il crie de
même à leur encontre : « Hou Hou, on est là ! » - Jeannot lui, il est resté
en joue trois minutes, attendant qu’un autre vol qui arrivait de très très haut
ne se pose. Plié en deux, il commence à avoir des crampes. Sa cible, un
« plomb » tombé du vol comme un caillou
ne bouge pas. C’est une belle et jeune
palombe sans le collier. Au moment du commandement
(les arbres sont bleus), c’est le seul à entendre le « clic » de son percuteur.
Il n’avait pas changé la cartouche percutée du coup
précédent. Il n’y a pas de regret,
cette jeune palombe ne devait pas succomber ce jour là. Ami Philippe, concepteur de
ce site que tu ne cesses d’améliorer; Reviens nous voir quand tu le
veux. Merci pour ces moments
d’amitié que tu as bien voulu partager avec nous… Jeannot
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