Matinée de chasse

 

Pendant que Bénat et Jeannot finissent de monter les derniers appelants, François est monté à la cabane. Il vérifie que toutes les ficelles fonctionnent bien. O.K  tout fonctionne !

Vite, ils montent à l’échelle. François à mis l’eau à chauffer ; Elle boue lorsqu’ils arrivent en haut.Le jour ne va pas tarder à se lever maintenant. Tant pis, il fait encore un peu sombre mais Jeannot a décidé de lâcher les volants tout de suite.

Béñat l’aide. Il a même attrapé un peu de bouillie qu’il ingurgite, avec une grosse seringue, aux pigeons que Jeannot lui passe. La journée risque d’être longue et chaude pour les volants. Autant leur donner un peu à boire et à manger avant de les lâcher. Ils réclameront moins vite à rentrer dans la volière.

François, Bénat et Jeannot ont chargé leur fusil et savourent le petit café noir du matin. François a même amené des croissants tout frais.

Les deux plus anciens arrivent enfin, l'un juste avant l'autre : C'est bon ? Il n'y a rien ? demande Albert un peu inquiet. Parfois, il a ou ils ont, loupé le petit coup du matin. Alors, ce jour là, avant qu'ils ne montent l'échelle, il leur est demandé gentiment et poliment  d'aller ramasser une ou deux palombes. Chacun à son poste, commence alors l'observation et l'attente... On en profite pour se chambrer un peu. On écoute Albert, qui avant de venir à la palombière, est allé à la chasse au canard. Aujourd'hui encore il n'a rien vu.. Même pas un coup de fusil dans toute la Barthe   (zone marécageuse bordant l’Adour).  C'est encore un peu trop tôt dans la saison.

 Léon, en est encore à nettoyer son verre à pied (il est chef de cabane), lorsque les vigies claquent et se ferment. Ils se retrouvent alors dans le sombre. Léon a été surpris par la rapidité des plus jeunes. Ils chuchotent…. " URSUA ! " Appeau, appeau ! Chacun a pris ses commandes à la main et actionne les mécaniques. Les appeaux commencent à battre des ailes. Chacun cherche du regard à travers la vigie fermée, l'oiseau ou les oiseaux qui ont été annoncés. Bénat parle : - "Oui, oui, ça vient, à toi Léon!" Une palombe vient de se poser près de l'un des appeaux du patron. Elle se tient droite en bout de branche, au sommet du chêne. Elle est en équilibre instable, regarde dans tous les sens. Elle est inquiète. - " C'est sûr, elle est seule ? " - " Oui ! Dépêche toi, elle ne va pas rester longtemps ! "

Léon n'a pas encore attrapé son fusil, qu'il entend une détonation tout prêt de lui. - " Pourquoi t'as tiré ? C'était la mienne ! " - " Tant pis pour toi, il fallait te dépêcher ", s'entend-il répondre ! Il fait celui qui est vexé pendant quelques secondes puis ensuite, se fait chambrer pour sa rapidité d'action. De toute façon, il n'avait pas encore chargé son fusil.

Avec les jeunes, il faut aller vite; D'autant plus qu'une équipe tire au vol à cinq cents mètres au devant de la palombière. La moindre rafale et cela se produit assez souvent et…c'est foutu…
De longues minutes passent, toujours dans la bonne humeur. Le chef se fait encore chambrer. Heureusement, il est de bonne composition. Comme le dit sa femme, il n'est jamais inquiet lui.