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La palombière que
nous visitons comporte à l'heure actuelle 17 emplacements d'appeaux, auxquels ne
sont assignées que des palombes. Ces dernières sont à l'heure actuelle, toutes
nées en volière, leurs ancêtres ont été soit prises dans les pantes des filets
du Col d'Osquich ou acquises en Bretagne ou dans le marais Poitevin. Deux des
membres de l'équipe de chasse réussissent depuis six à sept ans, la reproduction
et l'élevage des palombes, chose qui n'est pas facile. Là aussi, beaucoup de
patience est nécessaire. Les petites palombes sont enlevées du nid parental
entre le 5ème et le 10ème jour. Puis, elles sont nourries à l'aide d'une
seringue à gaver, avec de l'aliment broyé en fine poudre mélangé avec de l'eau.
Au début, on peut y ajouter quelques vitamines essentielles à la croissance. Les
deux-trois premiers jours de gavage sont délicats. Après une semaine, on peut
dire que les petits seront sauvés. Le gavage se poursuit, en moyenne, jusqu'au
25ème jour. Après, petit à petit, il faudra leur apprendre à se nourrir
seuls. Dès le 20ème jour, voire plus tôt encore, les jeunes sont capables de
voler et de " s'envoler ". Même dociles et nés en captivité, il faut toujours se
méfier d'un instinct sauvage qui est dans les gênes de l'oiseau et qui peut
ressurgir à chaque instant.Quelques évasions se produisent chaque année chez
nos éleveurs amateurs, très souvent couronnées de reprises dans les jours
suivants…. l'appel du jabot est plus important que celui de la liberté.
A ce
sujet, on parle souvent de l'instinct du pigeon voyageur, de ses qualités à
revenir à son pigeonnier mais qu'en est-il exactement des palombes ? Je peux
répondre " Idem " ! De nombreuses évasions, y compris de palombières situées à
plusieurs kilomètres, se sont soldées par le retour des évadées, soit sur la
volière dans laquelle elles sont nées soit chez celui qui les a élevées. De
nombreux témoignages attestent de cela. Même sortie du nid à 5 jours, alors que
ses yeux n'étaient pas encore ouverts ; Evadée d'un carton très souvent fermé à
15 jours, l'instinct a ramené l'oiseau envolé le lendemain matin sur son lieu de
naissance. Incroyable ! A l'époque de la chasse, les appeaux ou appelants sont
amenés tous les jours dans une cabane, aménagée au sol de la palombière. Là, les
appeaux sont gavés comme les petits, avec un mélange assez solide d'aliment
moulu et d'eau ; Le gavage est réalisé deux fois par jours, le matin avant la
chasse et le soir après démontage des installations. A la différence des
autres palombières du secteur, cette équipe a choisie de nourrir ses appeaux de
la sorte. Les autres les soignent en les "soufflant" avec du maïs en grains, des
féveroles ou du mélange de grains ( petits pois, blé, maïs, tournesol, féveroles
). Ce choix a été fait par commodité, pour sa rapidité et sa fiabilité (
aliment riches en vitamines ) car, il a été observé que le maïs administré sur
une longue période ( 1 mois ) affaiblissait les palombes car, il est trop riche
en azote. Comme pour les canards gras en gavage, le maïs a tendance à provoquer
des cirrhoses du foie. A bout de quelques semaines, les appeaux ont beaucoup de
mal à digérer et les pertes sont parfois importantes.
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