Dressage

 

Avant le camouflage, les membres de l'équipe se sont relayés pendant leur temps libre, à partir du début septembre, afin de dresser les pigeons volants. Il s'agit d'habituer les jeunes pigeons de l'année à revenir se poser sur un grand perchoir, placé environ 3 mètres au-dessus du toit de la cabane, affleurant aux branches d'un gros châtaigner. Les " vieux " pigeons des années précédentes sont donc les guides pour les nouveaux venus.

Quelles que soient les circonstances, les pigeons volants se doivent de revenir se poser au même endroit, afin d'être renvoyés, lorsque nécessaire, au devant des vols de palombes et d'attirer ainsi l'attention des migratrices. Pour le dressage, il n'est toléré aucun écart car, si un pigeon va se brancher dans un arbre, au bout de peu de temps, les autres le suivront automatiquement et les pigeons ne pourront plus être envoyés pour l'action de chasse. Une grande patience mais aussi de la fermeté sont nécessaires afin de réaliser ce dressage.
Les modalités du dressage consistent à laisser les jeunes, à tour de rôle, attachés avec des patières, sur le perchoir duquel plus tard, ils devront s'envoler. Généralement, ces jeunes devront être ainsi attachés pendant deux à trois journées complètes, ou par demies journées.
Les vieux volants sont libres, juchés sur un perchoir proche, mais disposé à la même hauteur. Au bout de deux journées complètes, les nouveaux venus ont repéré la topographie des lieux. Ils ont également observé comment volaient les anciens car, il n'est pas question de laisser ces derniers trop inactifs. De temps en temps, on lève le perchoir sur lequel ils sont posés, afin de les faire s'envoler. On tient alors le perchoir à la verticale, les empêchant de se poser tant que la barre est dans cette position. Comme pour les sportifs, il faut que l'entraînement soit progressif.

 

On commence par les faire tourner pendant un tour, puis deux, puis trois et ainsi de suite. On repère alors les bagues des pigeons qui ont tendance à voler le plus haut et le plus loin. Les notes serviront plus tard à faire deux équipes; Celle du matin, lorsque les vols sont hauts et l'autre équipe, celle de l'après-midi, lorsque les palombes qui n'ont pu franchir les Pyrénées font demi-tour. A ce moment là, elles sont plus fatiguées et volent généralement beaucoup plus bas.

Revenons à nos jeunes pigeons; Attachés depuis deux jours, ils ont vu tourner les plus vieux et le soir, ils les ont vus descendre à travers les branches, jusqu'au pigeonnier de la cabane, où ils sont pressés de rentrer pour manger et pour boire.
Toutes ces observations ne sont pas vaines. Lorsque les jeunes commenceront à manifester leur envie de rejoindre les vieux, en battant vigoureusement des ailes, il faudra les lâcher en douceur, un seul à la fois. Un seul lâcher par jour ( le matin ) suffira. Il ne faut pas vouloir aller trop vite.
Ensuite, on les laisse s'habituer quelques heures avec les vieux, sans les déranger, qu'ils s'habituent bien au perchoir, avant de les envoyer faire un petit tour. Puis quelques instants plus tard, il faudra les renvoyer, faire deux tours… Cela ne se fait jamais sans casse. Certains jeunes comprennent vite, d'autres ne comprendront jamais. Tant-pis, au risque de perdre les autres il faudra en sacrifier. Il faut quand même leur laisser quelques chances de revenir sur le perchoir mais pas trop. Les mauvaises habitudes sont très vite prises.
Aujourd'hui, dans les Pyrénées, vue la pression de chasse exercée dans toute la France sur ce gibier, celui qui n'a pas de bons pigeons volants fait des chasses de misère. D'autres éléments bien sûr entrent en jeu, mais celui là fait partie de la base de la chasse en palombière.