Après-midi de chasse

 
L'après-midi est là. A cette heure et avec cette chaleur, la migration s’est arrêtée. Il n'y aura plus de passage aujourd'hui disent les anciens.Tout le monde en convient. Il vaut mieux se retourner et regarder le retour.
Les heures s'égrènent lentement. C'est très calme. On n'entend pas un coup de fusil dans le lointain. Albert est descendu à l'étage du dessous, faire une petite sieste. A tour de rôle, ils se relaient sur la couchette mais, une surveillance est maintenue.
A la première alerte, vers 16 heures, Jeannot est remonté en deux secondes. Il est encore " ensuqué ", les cheveux en bataille mais il s'est vite réveillé. Bénat lui laisse le passage en haut de l'escalier. Il file à sa place. Les pigeons sont partis. Les appeaux s'animent.
      Un petit groupe passe au-dessous de la cabane, dans le ravin. Elles ont vu les pigeons et les appeaux mais n'y prêtent pas attention. Quelques minutes plus tard, 're- belote' mais là, trois palombes viennent se poser au chêne de pose, juste devant la cabane. Béñat, François et Jeannot se sont vite mis en joue. Au « un ! », les trois palombes tombent, faisant des bruits sourds en atteignant le sol. Cafés et cigarettes se succèdent pour certains, l’après-midi est très calme.
Vers 17 heures, un groupe de recul est aperçu très haut au dessus de la «cinq ». C’est Albert qui les a vues. Il s’écrie « vite vite Béñat, les pigeons ! »La cavalerie s’est rapidement dispersée puis se regroupe. Les volants effectuent des cercles assez larges autour de la cabane. Le vol a accusé le coup. Il y a une vingtaine de palombes. Sept ou huit ont vite décroché en apercevant les pigeons. Chacun commente doucement ce qu’il voit pour informer les autres membres de l’équipe. Léon est le plus vite servi ; Trois se posent assez groupées au sommet de la cinq. Les autres tournent maintenant autour de la cabane, passant même au raz des vigies dans des sifflements d’ailes bien caractéristiques, des sifflements qui vous hérissent les poils du dos. Finalement, tout le monde se retrouve vite en joue. Au commandement
  de Béñat, les coups partent.
Avec l’habitude, les tirs sont synchronisés. Un seul a lâché le coup juste avec un centième de seconde de retard.
Chacun a tué sa palombe sur ce coup là. Après on s’explique rapidement sur le lieu où il faut aller ramasser. Léon bataille un peu. Lui, il les voyait toutes. Il a peur que quelqu’un ait tiré sur la même que lui, ce qui ne sera pas le cas cette fois ci. 
En fin de journée, une autre vingtaine viendra à son tour se poser, récompensant nos amis de leur patience infatigable.